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All I want ◊ Liar

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Le badass Leprechaun taille XXL
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MessageSujet: All I want ◊ Liar Lun 31 Aoû 2015 - 6:09
Got nowhere to go
Liam
feat.
Oskar
All I want is nothing more to hear you knocking at my door Δ Kodaline


Le jour viens à peine de se lever. C’est l’un des moments que je préfère dans la journée. Quand tout est encore calme, que les gens n’ont pas encore eu la bêtise de se lever et que les oiseaux commencent à chanter. L’espace de quelqu’un instant, j’ai l’impression que le monde est différent, que tout est plus simple, que tout est possible. C’est mon moment à moi. Celui dont je profite pour courir, me vider la tête. Profiter du calme ambiant. Ce n’est pas si fréquent. Ça ne dure jamais très longtemps, mais c’est ce dont j’ai besoin pour réussir à enchaîner mes journées de malades. Je ne tiendrais certainement pas sans ça. La plupart des gens se seraient déjà effondrés avec un rythme comme le mien. Mais moi, ça ne me dérange pas. Ça doit certainement être l’habitude. À force de les enchaîner, c’est plus facile.

Aujourd’hui n’a pas dérogé à la règle. Je me suis levé très tôt, je n’ai pas beaucoup dormi et je suis parti courir alors que le soleil n’était même pas encore levé. J’ai besoin de ça pour ne pas penser à toutes ces merdes qui peuvent s’accumuler dans ma vie. J’adore courir, ce n’est pas simplement du sport, c’est vraiment quelque chose de bénéfique. Je passe devant la maison des Makarov. Oskar n’a toujours pas l’air d’être décidé à se bouger. Bon, il est encore tôt, mais quand même. Il ne devrait pas rester enfermer sur lui-même, ce n’est bon pour personne. Enfin, je n’y pense pas trop longtemps et je le laisse se débrouiller alors que j’accélère, laissant le quartier où j’ai grandi derrière moi. Le vent glisse sur mon visage, c’est agréable. Il fait frais, mais le fait d’être en mouvement ne me laisse pas prendre réellement conscience de la température ambiante. Ce n’est pas si important. Il me faut bien une heure avant de finalement rentrer chez moi. Il faut bien y retourner à un moment ou un autre. Puis de toute façon, j’ai cours d’étique dans un peu moins de deux heures. Si je veux arriver à l’heure, ne vaut mieux pas que je tarde trop.

Seulement, quand j’arrive quelques mètres de chez moi je me stoppe net.  Non, ça ne peut pas être ça. Une voiture noire est garée devant la porte. Cette voiture, je la connais bien, mais je ne l’ai pas vu depuis presque six mois. Et elle ne m’avait pas manqué. Mon père a toujours le don pour arriver quand on s’y attend le moins. À croire qu’il nous espionne juste pour pouvoir tout gâcher. Enfoiré. Finalement, j’y vais. Je ne vais pas laissé ma soeur s’occuper de lui tout seul. Je soupire et décide de franchir la porte. Il est dans la cuisine, assis là, comme si de rien était. Qu’est-ce qu’il peut m’énerver. Rien que sa présence suffit à me mettre les nerfs et ce n’est pas dans mes habitudes de m’énerver aussi facilement. Je suis plutôt le genre de personne à être très calme.

— T’es encore là toi ?

Il ne m’a pas vu depuis plus de six mois et il ne prend même pas la peine de me dire bonjour. Heureusement que ce n’est pas lui qui m’a appris les bonnes manières. Ma sœurette lance un regard, elle sait très bien ce que j’en pense.



— Bien sûr, faut bien que quelqu’un assume le rôle que t’es incapable de tenir.

Fallait que ça sorte. Ça fait deux semaines que je n’ai pas pu dormir une nuit complète, alors ce n’est vraiment pas le moment de me chercher. Et forcément à partir de là, il en rajoute et je suis incapable de rester muet face à ses privations d’enfants de deux ans et demi. Comme toujours, il me dit que je suis la pire déception de sa vie, que je n'arriverais jamais à rien. L'éternel refrain. La tension monte rapidement et cette fois je n’ai pas l’intention de me laisser faire cette fois-ci. J’en ai plus que marre de son comportement immature. Je ne sais pas vraiment ce qui a fait déraper la situation. En tout cas, je n’ai même pas eu le temps de faire quoique ce soit que son poing s’était déjà écrasé contre ma face. C’est qu’il a de la force ce con. Les coups se mettent à pleuvoir. il s’acharne. J’arrive à m’en débarrasser après un moment, l’assommant d’un bon coup sur la tempe. Pour le coup, il ne pourra pas dire que je ne me suis pas bien entrainé pendant son absence. Seulement, je peux déjà sentir mon visage tire de tout les côtés. Il n’y est pas allé de main morte.

Tant bien que mal, je sors de là. Il ne vaut mieux pas que je sois encore ici quand il va reprendre connaissance. On risque de recommencer à se taper dessus. Je me sens mal, ça fait un moment que je n’ai plus ressenti ce putain de vide dans mon estomac. Ma mâchoire est serrée, si fort qu’elle me fait mal et mes jointures sont blanchies à force d’être tendues, mais je n’arrive pas à me détendre. Une larme coule sur ma joue, mes nerfs sont sur le point de lâcher. Ça ne me plaît pas. La rage gronde en moi. Une fois dehors, le vent revient me caresser le visage, mais cette fois-ci c’est beaucoup moins agréable. J’ai aucune idée d’où aller. Avec la tronche que j’ai, je dois faire peur à voir. Puis la solution s’offre à moi, quand j’aperçois la maison des Macaron juste à côté - logique puisqu’on est voisin - J’hésite à aller sonner chez lui, après tout il m’a bien fait comprendre qu’il tenait à sa tranquillité. Mais j’peux pas rester comme ça dans la rue, je risque d’attirer l’attention. Tant pis, il râlera. Ça ne changera pas. Je traverse son jardin qui n’a pas vu l’ombre d’une tondeuse depuis bien trop longtemps. Je sonne à sa porte, attendant patiemment qu’il vienne m’ouvrir. Il en mets du temps, il est entrain de se tricoter un pull ou quoi.  Une nouvelle larme coule sur ma joue. Il faut que j’arrive à me détendre, à penser à autre chose, mais c’est dur quand je sais que l’autre enfoiré est toujours chez loi.La porte fini quand même par s’ouvrir.

— C’est possible de rester chez toi quelque temps ?

Autant être direct, de toute façon ma face parle pour moi.
© Gasmask



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MessageSujet: Re: All I want ◊ Liar Lun 31 Aoû 2015 - 16:38
J'aime bien les cernes, ça fait mystérieux. Qu'a-t-il fait cette nuit ? Ses devoirs, l'amour, des crêpes ? Vous ne le saurez jamais.Hier soir, j'me suis endormi comme une merde sur le canapé. J'ai même pas eu l'courage d'aller dans mon pieu sérieux. De toute façon, la Terre tournait tellement vite à c'moment là que j'me serais probablement étalé comme une merde au milieu du salon, entre les factures et les p'tites annonces des journaux qui jonchent généreusement sur le sol. J'ai dormi comme une masse, j'étais crevé et alcoolisé, j'ai sûrement ronflé comme un ours mais au pire, quelle importance ? Y'a personne pour entendre. Quand j'me suis réveillé, j'ai pas pris le temps de me laver avant de sortir de la maison pour aller voir ma connasse de bagnole qui a soudainement décidé de faire grève depuis la veille, comme si j'avais besoin de ça. J'me suis fait chier à essayer de la ranimer comme je pouvais avant de finalement littéralement péter les plombs et de donner un violent coup de pied dans le pare-choc… Pare-choc qui m'est tombé sur les pieds quelques secondes plus tard et qui a eu le droit à tous les noms d'oiseau que j'connaissais. En gros, j'me retrouvais plein de cambouis, avec une voiture qui marche pas, pas de thunes pour faire remplacer la pièce bousillée, un pare-choc défoncé et les nerfs à vif. Sérieux j'en peux plus de ça.
De ça ?
De tout.

J'ai laissé tomber et j'suis parti prendre une douche, essayant d'enfiler par la suite des fringues pas trop crades avant de retourner me prostrer sur le canapé avec mes meilleures amies : Solitude et Mauvaise Humeur. J'ai allumé la vieille télé et j'ai ramassé la bouteille à moitié vide qui traînait à côté du canapé. Du Whisky, voilà c'qui est bon pour c'que j'ai. Ça va m'détendre, j'aurais la paix.
Enfin… C'est c'que j'ai cru, puisque j'ai entendu la sonnette un p'tit moment plus tard. J'ai grogné, agacé.

Bordel de merde, qui c'est qui vient me faire chier, là ?
J'regarde ma bouteille, j'bois les dernières gorgées qui restaient.
Pas envie d'aller ouvrir.
Enfin… J'sais pas qui c'est. On sait jamais.

J'ai soupiré d'agacement avant de me lever. J'ai embarqué la bouteille vide, prêt à la foutre dans la gueule de quelque religieux qui vient faire du porte à porte pour me vendre ses conneries sur le bon Dieu. Qu'on vienne pas me parler de ce connard à moi, j'te jure. Et puis si j'laisse mes volets fermés, c'est bien pour qu'on me foute la paix, non ? Histoire qu'on croit qu'il y a personne dans cette baraque pourrie. Ça vient jamais en tête des gens, sérieux ? Ils peuvent pas juste arrêter de chercher la merde et me lâcher la grappe ? J'me suis frotté la nuque comme si ça allait m'aider à me réveiller puis j'ai ouvert la porte en laissant la chaîne.

Laisse tomber la bouteille, man, c'est Liam.
Liam avec une sacré sale gueule en fait.
Liam qui me demande de l'héberger quelques temps.

J'ai posé la bouteille sur le meuble de l'entrée, à côté de sa sœur jumelle tout aussi vide et du cendrier qui déborde. J'suis resté figé un instant.

« Attends. »

J'ai refermé la porte pour enlever la chaîne et j'ai entrouvert un peu plus la porte que précédemment.

J'ai questionné : « Qu'est-ce qui t'est arrivé ? »

J'parle un peu sèchement. Son état m'énervait. Il s'était fait tabasser ou quoi ? Qui est le connard qui lui a fait ça que j'aille lui péter les dents ? J'ai soufflé pour pas m'énerver de suite sans savoir puis j'me suis mordillé nerveusement le bord de la lèvre, j'écoutais même pas ce qu'il me disait. J'repensais à sa demande et ça me gênait. Ça voulait dire qu'il fallait que je le laisse entrer chez moi et… J'laisse personne entrer chez moi. C'est même pas contre lui mais… J'suis pas sûr que ça soit la meilleure chose à faire de le laisser venir contempler le désastre de ma vie. Les papiers qui traînent, les murs décrépis, le plafond presque fendu qui tient en place parce que c'est la mode, le bordel, la poussière, l'odeur de renfermé. Y'a pas que de l'extérieur que ça a l'air abandonné, j'ai pas le courage d'entretenir la maison, j'ai pas les moyens non plus. J'sais même pas comment ça se fait que je l'ai encore.

J'demande : « T'as nulle part d'autre où aller ? »

J'imagine que non, sinon il se serait pas pointé ici comme ça, j'suis rarement la première option à laquelle on pense. Et il a l'air un peu mal en point quand même. Putain… Tant pis. J'peux pas le laisser comme ça.

J'dis : « Eh merde. »
J'dis : « Allez, entre. »

J'ai ouvert la porte en plus grand et je l'ai laissé s'avancer. J'ai passé mon bras derrière lui et ai posé ma main sur son épaule pour le soutenir un peu et le guider. Je l'ai fait aller jusqu'au canapé. J'me sentais mal à l'aise, j'avais un peu honte de l'état de mon habitation pour le coup et ça me rendait nerveux. Surtout qu'il a connu la maison dans un tout autre état, autrefois, avant que je me retrouve tout seul.

« Assieds toi et attends ici. »

J'suis parti dans la cuisine pour prendre un truc au pif dans le congélateur que j'ai emballé dans un torchon avant de le lui ramener et de le lui tendre.

« Mets ça sur ta tronche. »

J'me suis assis en face de lui, sur la table basse. Le voir comme ça, ça me fait carrément mal au cœur, il a l'air déprimé, quelqu'un lui a fait du mal et je déteste cette idée. Mine de rien, j'l'aime bien moi ce roux, alors l'idée que quelqu'un ai pu le malmener comme ça, ça m'énerve. J'me contiens, j'sais pas comment. J'bouge ma jambe compulsivement sans quitter des yeux le visage déjà enflé du fils Broderick, quiconque s'en est pris à lui ne l'a vraiment pas raté putain.

J'lui dis : « Maintenant dis-moi ce qui s'est passé, Liam. »

Je lui ai déjà posé la question mais j'avais pas été foutu de l'écouter. Si ça se trouve il a même pas répondu. J'en sais trop rien, j'ai pas trop les idées claires. C'est vraiment une journée pourrie aujourd'hui, c'est un truc de dingue. Moi qui me plaignait un peu de ne jamais faire face au moindre imprévu et de me faire chier dans la vie… J'm'en serais bien passé finalement.
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MessageSujet: Re: All I want ◊ Liar Lun 31 Aoû 2015 - 19:46
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J’suis devant chez Oskar. Qu’est-ce que je fous là en vrai ? On était amis avant, on passait beaucoup de temps ensemble, mais ce n’est pas comme si c’était toujours le cas. J’veux dire, on se reparle maintenant, parce qu’il taff dans la même boîte que moi, alors forcément on est obligé de se croiser un minimum, mais je ne pense pas qu’on soit vraiment redevenu amis. Enfin, il a pas l’air d’être du genre à vouloir des amis et j’suis personne pour lui imposer ma présence. Non, j’aurai jamais du foutre les pieds ici, ça risque de compliquer les choses plus qu’elles ne le sont déjà. Seulement, je n’ai pas le temps de faire demi-tour que la porte s’ouvre. Il a le sens du timing celui-là. Et sans même pouvoir m’en empêcher, j’lui demande si je peux rester. J’suis pas du genre à m’imposer - du moins pas tant que ça - mais là je n’ai vraiment pas d'autres solutions. Si je retourne chez moi, je sais très bien comment ça va finir. L’un des Broderick finira à l’hosto - si ce n’est pas pire - et je ne peux pas assurer à 100% que ça ne sera pas mon sang qui recouvra le parquet de notre maison. Il n’est pas aussi affaiblie qu’on pourrait le croire l’ancien commando et il tape fort. Rien à foutre que je sois son fils, il pense que c’est comme ça qu’il va me ramener à l’ordre. Ordure. J’peux sentir la colère bouillir dans mes veines, comme un putain de poison qui est entrain de m’intoxiquer. Si ça ne tenait qu’à moi, j’y retournerais, ne serait-ce que pour lui cracher ma haine à la face, le pourrir de tout le fiel qui grandit en moi depuis toutes ses années, mais je ne peux pas faire ça à Hannah. Elle est bien trop attachée à ce connard pour accepter de me voir lui faire recracher ses dents.

J’me perds là. Oskar est devant moi, à moitié caché derrière sa porte. Il s’attendait à quoi ? Un témoin de Jeova ? Un vendeur d’aspirateur ? Un ninja ? En tout cas, vu sa tête, il ne s’attendait pas du tout à me voir. Pourquoi il s’y attendrait d’ailleurs ? Même moi je n’avais pas prévu de me faire casser la gueule par mon géniteur aujourd’hui, alors lui ne pouvait pas être au courant non plus. La porte se referme, pour se réouvrir quelques secondes après, sans lien cette fois-ci. Il doit pas penser que je suis une menace. J’dois plutôt faire pitié dans mon état. La tronche en sang, les yeux brillants. Rien de bien reluisant. J’ai déjà été sous un meilleur jour. Ce n’est pas trop compliqué non plus. Avouons-le. Il me demande ce qui m’est arrivé. J’lâche un rire sans joie, qui ne tarde pas à me faire grimacer à cause de ma lèvre ouverte.

— J’me suis pris une porte, mais elle est rancunière, alors elle s’y est repris à plusieurs fois.

Moi, ironique, pas du tout. J’essaie juste de me changer les idées, de me retenir d’y retourner. Il n’a pas l’air ravi de me voir, ce qui confirme ce que je pensais un peu plus tôt. On est pas amis. J’ai rien à faire ici. Je me mord l’intérieur de la joue. J’aurais mieux fait d’aller ailleurs, trouver un endroit où me planquer le temps que la rage se calme et que mes plaies ressemblent un peu plus à quelque chose. Mais non, il a fallut que je me pointe ici. Putain, ce que je peux être con parfois. Je me mord d’avantage l’intérieur de la joue quand il me demande si j’ai nul part d’autre où aller. Forcément.

— J’serais pas là à t’emmerder si j’pouvais allé ailleurs. Mais laisse tomber, c’était une mauvaise idée.

Non, j’vais pas m’abaisser à le supplier, il ne faut pas déconner. Tant pis, j’irais ailleurs. Y a bien un endroit où je peux me poser dans les parages non ? J’suis stoppé dans mon élan de m’barrer par sa voix rauque. C’pas possible d’avoir une voix aussi grave. Genre il a mué deux fois où quoi ? L’air de rien, j’aime bien. La basse dans sa voix, j’trouve ça rassurant, presque apaisant. J’le regarde, surpris qu’il me propose de rentrer. Il est plein de surprises ce gars. J’hésite un instant quand il ouvre la porte pour me laisser entrer. Et si c’était un piège ? Il a pas l’intention de me laisser entrer chez lui pour ensuite m’enfermer dans sa cave et faire je ne sais quoi avec moi au moins ? Ouais, bon ok, faut que j’arrête de regarder ces séries à la con avec Marcus. Ça ne rend mon imagination que plus fertile. J’suis encore à moitié dans l’entrée quand il m’ordonne presque de m’asseoir et de l’attendre. C’est qu’il se ferait presque autoritaire le Makarov. Pourtant, j’obéis quand même et me fraye un chemin parmi les trucs qui jonchent le sol pour allé m’asseoir dans le vieux canapé. C’est une fois assis que je me rend compte que j’ai toujours les poings serrés. Bordel ce que j’ai les nerfs. Faut que je pense à autre chose. Je regarde autour de moi, pour essayer de me trouver une distraction.

— Sympa la nouvelle déco, t’as fait ça toi-même ?


Je ne me moque pas, pour une fois. Non, au fond j’essaie juste de comprendre ce gars. C’est un putain de mystère pour moi et je ne peux pas m’empêcher de vouloir en savoir plus. Il me tend un paquet de surgelés que je ne tarde pas à foutre sur ma face qui doit déjà être boursoufflé par les coups que j’ai reçu un peu plus tôt. Ça fait un bien fou, même si le contact est encore douloureux. Grâce à ce truc, je commence à me rendre compte de l’étendu des dégâts et clairement, il ne m’a pas raté l’autre enfoiré, mais j’pense lui avoir laissé ma part, moi aussi. Un moment de calme s’installe entre nous, alors qu’il s’installe en face de moi. J’peux sentir les vibrations que provoque le sursautent de sa jambe. C’est stressant, je suis déjà assez sur les nerfs comme ça pour ne pas en rajouter. Alors sans trop réfléchir à mon geste, je pose ma main sur son genou, pour l’empêcher de continuer plus longtemps. J’hésite un moment avant de répondre à sa question. Il n’a pas du écouter la première fois, mais là il a l’air bien plus attentif. J’sais pas si je dois lui dire la vérité. Il ne comprendrait peut-être pas. Je me mordille la lèvre inférieur et grimace. Merde j’avais oublié.

— Mon père est passé aujourd’hui.

Ouais, c’est déjà un bon début, mais avec ça, il va pas comprendre. Non, mais c’est vrai. Dans la tête du plus grand nombre qu’est-ce que le retour de mon père peut bien avoir à faire avec le fait que j’ai la tronche en vrac ?
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MessageSujet: Re: All I want ◊ Liar Lun 31 Aoû 2015 - 21:06
J'aime bien les cernes, ça fait mystérieux. Qu'a-t-il fait cette nuit ? Ses devoirs, l'amour, des crêpes ? Vous ne le saurez jamais.J'me montre un peu autoritaire avec lui, même beaucoup en fait, mais j'ai l'impression qu'il le vit pas trop mal. De toute façon, j'le contrôle pas. Il imagine même pas le niveau de stress que j'ai en moi là, j'ai juste l'impression que j'vais exploser d'une seconde à l'autre. J'suis encore plus sous pression qu'une putain de cocotte minute pleine de vapeur, j'te jure. Entre la bagnole et maintenant ça, y'a de quoi péter les plombs. Faut croire que ma p'tite crise d'il y a quelques heures n'a pas suffit à me détendre suffisamment. Et ce putain de Whisky non plus. Et y'en a jamais assez bordel de merde !
J'ai entendu son commentaire sur la « nouvelle déco » et ça m'a fait soupirer. J'sais pas tellement s'il se fout de ma gueule ou quoi mais j'me sens consterné. Consterné d'avoir été forcé à le faire rentrer dans cette merde. Consterné d'être dans cette merde. C'est p't'être un peu la preuve que j'me suis moi-même abandonné au bout d'un moment. Faut p't'être plus trop avoir de dignité pour vivre dans un taudis pareil et de même pas chercher à arranger les choses ne serait-ce qu'en mettant un peu d'ordre. Ouais… J'ai abandonné cet aspect de ma vie.

J'ai quand même répondu :  « J'ai rien fait justement, c'est là tout le secret. »

J'lui gueule pas dessus, ça sert à rien. Puis à quoi bon de toute façon ? J'ai pas d'excuse pour gueuler comme un putois. J'lui ai filé le truc glacé et il s'est occupé lui-même de se le mettre sur le visage, c'qui est largement préférable. Parce que voilà, la délicatesse et moi ça fait environ mille alors à tous les coups j'lui aurais fais plus mal qu'autre chose, même en essayant d'être doux. J'suis tellement nerveux que j'ai les mains qui tremblent et ma jambe bouge toute seule. Jusqu'à l'instant où je sens la main du rouquin se poser sur mon genou. A cet instant là, c'est comme si ma jambe se détendait tout d'un coup à son contact. J'attendais sa réponse à ma question. Je voulais savoir ce qui s'était passé. Il débarque chez moi, j'suis prêt à l'accueillir – même si au final après avoir vu l'état de la baraque, j'pense pas qu'il voudra rester – alors je pense que je mérite quand même de petites explications, non ?

Et à ce moment là, il m'a sorti un truc genre « mon père est passé aujourd'hui » et ça a fait son cheminement instantanément dans mon cerveau, tellement que j'en ai eu le réflexe de me lever comme un gros malade tout en repoussant la main de Liam.

J'ai fait :  « Il t'a frappé cet enfoiré ? »

J'ai pas pu me retenir, putain, dans ma tête c'est clair que c'est ça. Pourquoi j'ai directement pensé à ça ? Parce que t'imagines pas combien de dizaines de fois je me suis battu avec mon connard de père alors que j'étais bien plus jeune et plus frêle que ça. Et il y allait pas de main morte pour autant.

J'ai répété :  « Il t'a tapé dessus ? »
J'ai demandé :  « Pourquoi ? »

J'sais bien qu'il y a pas toujours de raisons particulières pour ce genre de chose, j'en suis un exemple mais putain, en fait, raison ou pas, ça me fout en rogne. J'ai été fouiller dans le vieux buffet de mes parents pour prendre une bouteille de Jack que j'ai dévissé en deux-deux pour m'en descendre quelques gorgées. Je l'ai laissée traîner là comme je laisse traîner à peu près tout.

« J'vais aller lui péter ses dents, il va pas être déçu du voyage. »

J'parlais tout seul là, j'm'adressais même pas à Liam. J'avais juste les nerfs. Mais vraiment. A un point, tu peux même pas savoir. Il a pas à fracasser la gueule de son fils comme ça, peu importe pourquoi. J'en ai rien à branler de pourquoi en fait. J'vais juste aller le défoncer, ça va me détendre.
J'espère qu'il est encore là. J'ai pris ma vieille batte de baseball alu' qui ne m'a jamais servi autrement qu'en tant qu'arme puisque j'ai jamais pu saquer le baseball. J'ai regardé mes doigts crispés, j'avais les articulations toutes blanches tellement je serrais. Putain, faut que je me calme sinon je fais faire un meurtre.

J'ai inspiré profondément. J'ai expiré.
Ma tendance à l'agressivité ne s'est pas calmée avec le temps.
La violence non plus. Pourtant ça fait longtemps que je l'ai pas été.
Ça fait longtemps que j'ai pas été en colère comme ça. Même ma bagnole c'était que dalle.

Attends.
Faut que j'me calme un peu.
Attends. J'l'ai même pas laissé me dire si c'était vraiment ça, si j'avais tiré la bonne conclusion et j'lui ai posé une question, j'l'écoute même pas. Putain. J'inspire profondément et j'empoigne rageusement ma bouteille avant de revenir face à lui. Mais j'reste debout, j'ai du mal à rester en place. J'le regarde et regarder sa tronche gonflée comme un ballon de baudruche ça me scie les nerfs. Non mais sérieux, comment on peut oser abîmer une gueule comme ça ?
Je me suis mordu la lèvre inférieure. Putain, j'ai l'impression de réagir comme un mari fou furieux là. C'est pas ma sœur ni ma petite-amie qu'on a frappé, c'est juste le fils du voisin.
Mais c'est mon ami, non ?
J'sais pas.
J'crois que j'suis quand même attaché à lui.
Merde, okay ?
De toute façon, peu importe qui l'a frappé, j'vais le trouver pour lui péter la gueule. C'est une petite ville Beacon Hills alors tout le monde se connaît. Ou à peu près. Mais même les inconnus, ils sont rapidement reconnaissables puisque bah… Des nouveaux dans une ville où tout le monde se connaît, ils sont repérés directement.

J'lui ai dit : « J'vais aller lui flanquer une raclée, il va s'en rappeler. »
J'lui ai dit : « Tu peux rester autant que tu veux. Okay ? »

J'ai regardé autour de moi un instant. Mouais… J'repose rapidement mon regard sur le Broderick qu'est juste en face de moi.

Et puis :  « Ouais… J'sais, ça donne pas envie... »
Et finalement :  « M'enfin… Tu sais que tu peux. »

Ouais voilà, en gros c'est si malgré tout il a envie de rester, il peut. J'vais pas le foutre dehors. J'imagine que j'pourrais ranger un peu pour lui faire un peu de place pour quelques jours. Ou… J'sais pas. Au pire on verra. Y'a toujours moyen de s'arranger de toute façon.
J'bois encore. Pour me détendre. Pour essayer de moins voir les choses en rouge écarlate. L'envie de violence pure est toujours là, j'ai du mal à luter. Si j'm'écoutais, je j'écoutais un peu mon instinct, j'serais déjà sorti de cette maison pour aller faire un tour chez les voisins et aller défoncer le père à coup de batte dans la gueule en toute illégalité. J'sais bien c'que je risque. J'sais bien aussi que c'est une famille de chasseur et que j'peux bien me heurter à un mur… J'dirais bien : et alors ? Moi aussi j'suis un chasseur. Et même sans être formé spécifiquement dans de tels combats, j'ai la rage et ça suffit amplement à faire des dégâts. Et puis j'm'en branle de toute façon. C'est pas ma première pensée à cet instant.

J'm'impatiente. J'sais pas pourquoi j'suis encore là.
Du coup j'commence à me retourner pour me casser de là.
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MessageSujet: Re: All I want ◊ Liar Lun 31 Aoû 2015 - 22:22
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Oskar
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Oskar accepte que je rentre chez lui. C’est déjà ça, au moins je n’ai plus l’air d’un con à attendre sur le perron. Non, parce que déjà que j’ai pas bien l’air de quoique ce soit avec ma tronche en vrac, si en plus je fais le piquet devant la porte, je risque de me faire repérer. Et j’tiens pas vraiment à rencontrer le shérif Stilinski là, tout de suite, ni même de devoir lui expliquer que si je suis comme ça, c’est parce que mon abruti de père a décidé de revenir dans nos vie comme une putain de fleur pourrie et qu’en cadeau de retour, il m’a explosé la face contre le plan de travail de notre cuisine. Non, j’ai pas envie de parler de ça et encore moins avec un flic. Je n’ai rien contre le shérif, mais là je n’ai pas envie de le voir. Alors je finis par rentrer chez le Makarov et j’prends place sur son canapé. La décoration a bien changé depuis la dernière fois où je suis venu. Faut dire, la dernière fois, ses parents ne s’étaient pas fait la malle. En vrai, on a vraiment des parents médiocres lui & moi. Sur ça, on se ressemble. On s’comprend surtout. Il m’dit qu’il a rien fait pour changer la déco et je souris vaguement. 



— C’est là tout le talent.

Déjà qu’il accepte de m’accueillir chez lui, je ne vais pas en plus me foutre de la gueule de son intérieur. J’sais que j’ai tendance à être insolent, mais il ne faut pas déconner non plus. Il revient avec un truc gelé et j’suis bien content de pouvoir le poser sur ma face boursoufflé. J’dois ressembler à kiwi transgénique comme ça. Ça doit faire peur. Le froid, ça fait du bien quand t’es tout gonflé, faut l’avouer. J’ai mal partout et le froid anesthésie mon visage. Il est assis en face de moi et il a l’air tendu comme un arc. Je ne sais pas trop ce qui le met dans un état pareil. Le fait de me voir aussi abîmé ou peut-être parce que je suis arrivé chez lui, comme ça, sans prévenir. Y a des personnes qui ne supportent pas qu’on débarque à l’improviste. Tu m’diras, j’pense que je serais tendu moi aussi, si un mec débarqué moi la tronche en frac. C’est le genre de truc qui te surprend quand t’ouvres ta porte quoi. Il aurait peut-être préféré un vendeur d’encyclopédies. Au moins il aurait pu le virer à coup de pieds dans le cul. Quoique, il aurait pu faire exactement la même chose avec moi s’il l’avait voulu. Pourtant, il ne l’a pas fait. Ça me surprend toujours d’ailleurs.

Il fini par me demander ce qui s’est passé et j’me sens pas la force de lui mentir. J’crois bien que j’ai épuisé mon stock de mensonges ces derniers temps. Puis, il a accepté de m’ouvrir sa porte, ça ne serait pas juste de lui raconter des cracks. Il est pas con, il finira bien par voir que mon père est de nouveau en ville. Toutefois, je suis étonné de sa réaction. Je ne m’attendais pas à ça, alors que j’avais ma main sur son genoux, il bondit comme un diable sorti de sa boîte. Si bien que je me recule dans le fauteuil. Bordel, il m’a fait peur ce con. Il me demande s’il m’a frappé. Si j’avais la foi, je me foutrais de sa gueule, mais je me retiens. Il comprend vite le russe. Je hausse les épaules quand il me demande pourquoi.

— Je penserais à lui demander la prochaine fois. Il n’a pas du aimer que je lui dise que c’était un connard égoïste et égocentrique. Même si je pense qu’il n’a du comprendre que la moitié de ce que je lui ai dit.

Ouais, entre mon géniteur et moi, ça n’a jamais vraiment été le grand amour. Du moins, pas depuis que j’ai atteint la puberté. Enfant, il pensait que je deviendrais son fier successeur. J’ai toujours été plus acharné et habile que mes deux autres frères. Alors forcément, si j’avais décidé de reprendre le flambeau, j’aurai certainement été très doué en tant que chasseur. Seulement, ce n’est pas ce que j’avais en tête. J’voulais pas devenir comme lui, un rustre pas capable de comprendre ce qui était différent de lui. C’est vite devenu explosif entre nous. Au début, c’était juste quelques éclats de voix. Lui qui m’imposait sa loi, moi qui la défiait. Le coup classique quoi. Puis au fur et à mesure, ça ne s’est pas arrangé et lui, il s’est barré, me laissant dans la merde avec les autres. Depuis, je me débrouille pour ne pas être là quand il rentre. Pour éviter la situation dans laquelle je me suis foutu aujourd’hui. On ne peut pas toujours fuir le problème et à cette idée mon sang se remet à bouillir dans mes veines.

Oskar a l’air aussi énervé que moi. D’ailleurs, ça m’étonne qu’il le prenne autant à coeur. Ça ne le touche pas personnellement. Je ne suis toujours pas sûr qu’on soit amis et puis même si c’était le cas, on est pas assez proches pour que ça l’affecte autant. Cependant, il a vraiment l’air d’avoir la rage. Je le vois bouillonner et quitter la pièce, tel un cowboy prêt à discuter son dernier duel. Hey, le couché du soleil c’pas pour tout de suite. J’entend le bruit d’une bouteille qu’on ouvre. Je soupire. Je ricane quand il me parle de lui péter les dents. Il lit dans mes pensées ou quoi ?

— J’m’en suis déjà occupé de ça. Son sourire sera beaucoup moins éclatant maintenant.


L’idée me réjouit un peu trop, mais ça fait du bien de se dire qu’il m’a peut-être bien amoché, mais que lui ne s’en est pas sorti indemne non plus. Là encore, il a capté que je n’étais pas la mauviette qu’il voulait croire que j’étais. Ce n’est pas parce que je ne veux pas être comme lui que je n’ai rien dans le froc. Oskar continue à tourner en rond. Il m’en filerait le tournis ce con et ça à beau être le bordel, j’tiens pas à vomir, là, à même le sol. En plus, il risquerait de croire que j’ai une commotion cérébral et non, j’ai pas envie de me retrouver à l’hosto. J’ai jamais aimé ces endroits, les trucs où t’as toujours pleins de monde qui te tourne autour, comme si t’étais un vulgaire morceau de viande prêt à te faire bouffer par les vautours qu’ils sont. J’suis pas sur le point de crever bordel. Mon regard le suit, j’le vois prendre une batte. Qu’est-ce qu’il fou avec ça lui ? Il a jamais aimé le baseball de ce que je peux me souvenir de lui en étant gamin. Ouais, c’est bon j’ai compris. C’pas con comme arme, ça passe partout, mais ça peut faire de sacrés dégâts si on sait où taper. Il vient se poster devant moi, là où il était un peu plus tôt, mais il ne s’assied pas pour le coup. Mon regard croise le sien.

— Eh oh, cowboy calme-toi, ça va aller.

J’essaie de le rappeler à moi. Même si l’idée qu’il puisse allé péter le reste des dents de mon paternel est alléchante, je ne tiens pas à ce qu’il s’attire des ennuis à cause de moi. Il en a déjà bien assez fait comme ça et puis j’connais le géniteur justement et s’il est déjà capable de foutre ce genre de raclé à son propre fils je ne préfère même pas imaginé ce qu’il fera au voisin. J’tiens pas à retrouver Oskar gisant sur le sol de ma cuisine - faut vraiment que j’arrête avec cette putain de fixation sur le sol de ma cuisine, ça devient n’importe quoi - non, il faut qu’il se calme. Le pire c’est qu’il me rend encore plus nerveux. J’pourrais presque sentir ses nerfs qui se tendent sous sa peau.

Puis là, il me fait une proposition qui me surprend encore plus. Il me dit que je peux rester. Celle-là, je ne m’y attendait pas. Non, parce qu’il m’a laissé entrer, d’accord. Mais vu comment il était réticent à le faire, j’pensais qu’il serait content de me voir me barrer tout de suite après. Apparemment, non, puisqu’il me dit que je peux rester ici le temps qu’il faudra. C’est gentil. Il n’est peut-être pas aussi con qu’il en a l’air. J’avais peut-être raison en fin de compte. Un mince sourire se dessine au coin de mes lèvres. Il ne peut pas savoir à quel point ces quelques mots peuvent me faire plaisir. Ça forcément, j’le garde pour moi. Il est tellement bourru qu’il pourrait me foutre dehors rien que pour ça. Il ne faut pas vouloir allé trop vite non plus.

— Euh… bah merci

J’aurai pas su dire autre chose pour le coup. Surpris, il faut encore que je mette de l’ordre dans mes idées. Qu’est-ce que j’pourrais dire de toute façon. J’parle beaucoup pour ne rien dire en général, j’sais pas ce que je suis sensé dire dans ce genre de moments, alors je préfère me taire. C’est certainement mieux comme ça. Puis de toute façon, je n’ai pas vraiment le temps de dire quoique ce soit, qu’il me tourne déjà le dos, sa batte toujours à la main. Encore une fois j’agis sans réfléchir et c’est à mon tour de bondir, quittant le canapé dans lequel j’étais assis depuis le début. J’attrape son poignet, l’empêchant d’aller plus loin. Mon autre main attrape la batte en aluminium que je lui enlève des mains. Il me fait face. Mon regard plonge dans le sien et je peux lire toute la couleur qui coule dans ses veines. Exactement comme la mienne. J’crois que je ne me suis jamais senti aussi proche de quelqu’un, jamais comme ça. Mes doigts toujours autour de son poignet je me décide d’ouvrir la bouche. Faut que je trouve quelque chose pour le dissuader.

— Laisse tomber ça, tu veux ? Reste ici, il ne vaut pas la peine que tu te foutes dans la merde à cause de lui.

Ouais, c’est la seule chose que j’ai trouvé. Bordel, pourquoi j’suis un vrai moulin à parole quand c’est important, mais que je n’arrive pas à ouvrir la bouche quand une situation compliqué se pointe. C’est frustrant.
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MessageSujet: Re: All I want ◊ Liar Mar 1 Sep 2015 - 0:12
J'aime bien les cernes, ça fait mystérieux. Qu'a-t-il fait cette nuit ? Ses devoirs, l'amour, des crêpes ? Vous ne le saurez jamais.J'sais pas pourquoi exactement j'me mets dans des états pareil pour le rouquin mais putain, c'est puissant là. J'ai l'impression d'être juste à bout de nerf. Sûrement que cette histoire, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Au fond, Liam c'est la seule personne qui me reste, qui me rattache au monde réel. C'est celui qui fait des efforts pour me faire sortir de mon pauvre monde merdique. Et même si ça marche pas, il fait l'effort. C'est celui qui me rappelle tout un tas de souvenirs en rapport avec ma petite sœur, ma Oksana. C'est celui qui arrive à me changer un peu les idées, même si en général c'est pendant quelques petites minutes, ça me semble déjà tellement énorme. Il me fait voir un peu de lumière. C'est celui qui sait me faire lui rendre ses sourires de temps en temps. C'est tout ça. Et ça me rattache à lui encore plus que je le pense, je m'en rends doucement compte. Ça me rend malade que son enfoiré de père – et encore le mot « enfoiré » est particulièrement poli par rapport à ce que je pense vraiment – ait osé lui faire du mal. Quand j'ai ouvert la porte, j'ai vu une putain de larme sur sa putain de joue. Mais qui va faire pleurer Liam, sérieux ? Ce connard de père Broderick, j'ai tellement envie de lui faire mal. De lui faire mal et de le faire pleurer. De lui péter les dents et un bras. De lui exploser le bide et le crâne. De l'écrabouiller. De le fracasser. De le maraver. La colère circule dans mes veines comme de la lave en fusion s'infiltre dans les petites failles d'un volcan en éruption. Si j'étais un loup-garou, je me serais déjà transformé et j'aurais même bouffé la moitié du quartier. J'aurais tout fait voler, j'aurais tout brisé. Et ce connard de Broderick compris. Mais par chance je suis rien de plus qu'un humain, une pauvre merde pas capable de faire autant de dégâts que lui commandent ses envies. Liam lui a déjà abîmé son sourire de connard ? Tant mieux. Mais c'est pas suffisant. C'est jamais suffisant. J'ai l'impression de devenir fou, comme un lion enfermé dans un cage. Une cage trop petite en plus de ça. J'ai même pas de quoi tourner en rond à mon aise. J'vais devenir fou et peu importe combien de fois mon regard croise celui de Liam, peu importe comme il me dit de me calmer, j'y arrive pas. La putain de machine est lancée. Et ça fait tellement, tellement longtemps que j'ai pas senti la violence s'infiltrer comme ça jusqu'à ma cervelle, dans chaque pore de ma peau, que je sais même plus comment l'arrêter. Je sais plus relativiser efficacement, me calmer pour de bon. Je suis à bout de nerfs. Mes muscles sont crispés, j'en ai mal aux épaules.

Bordel de merde, faut que je frappe un truc.
Faut que je brise quelque chose.

Le roux m'a remercié pour ce que je lui ai dit et j'ai juste voulu me barrer, ignorant son souhait que je me calme. J'ai voulu sortir de la maison et aller dans la sienne pour bousiller la face de son paternel qui mérite que ça au fond. Lui et moi, on a des pères merdiques de première catégorie, c'est comme ça. Les deux mériteraient le même putain de sort. Même pas la mort. Ils mériteraient que tout leur reviennent dans la gueule, un foutu retour d'ascenseur pour leur montrer un peu comment ça pique d'être la victime ou le laissé pour compte. Juste qu'ils aient un peu un échantillon de ce que c'est d'être leur rejeton. Qu'ils voient un peu la plaie béante et infectée que c'est de les avoir comme père.
Père ? Géniteur plutôt, clairement.
Comment ils ont pu espérer de nous à un moment donné qu'on soit impeccables, qu'on soit parfaits alors qu'on a leurs ADN moisi dans les veines. J'sais plus trop comment est la mère de Liam, mais pour ce qui est de la mienne bah… On peut dire qu'au niveau de mes vieux, y'en a pas un pour rattraper l'autre alors… Tu m'étonnes que j'sois une telle ordure, un tel déchet. J'suis que leur pâle reflet.
Peut-être que je méritais les fois où mon père m'a fracassé la gueule.
Mais Liam mérite même pas un quart de ce qu'il a reçu aujourd'hui.

Putain ça m'rend malade.

Alors j'ai voulu me barrer pour aller tabasser du père indigne, du gros bâtard. Mais la main de Liam m'a rattrapé. Je me suis encore plus tendu au contact de sa main. J'avais le cœur qui battait cent mille à l'heure. J'avais l'impression qu'il allait sortir de ma poitrine, qu'il allait s'extirper de là et exploser, tout bonnement. Il allait repeindre les murs. Peut-être que ça les aurait rendus moins moches, moins tristes. Mon regard assombri s'est planté dans celui du gogo danseur qui m'a confisqué ma batte. Mon poing s'était resserré de lui-même. J'y voyais rouge. J'étais un putain de taureau dans une corrida.

J'ai grogné : « Lâche moi, j'vais te faire mal. »

Ma voix est encore plus grave qu'à l'accoutumée et mon accent Russe ressort encore plus. On pourrait limite se demander si j'ai vraiment parlé en anglais à l'instant. Je restais immobile et totalement crispé. Sûrement qu'on aurait pu me prendre pour une statue de pierre. Une statue d'acier. Juste un putain de truc statique. J'suis un putain de truc qui s'efforce de ne pas soudainement exploser sur la mauvaise personne. Pourtant j'veux pas le frapper. C'est pas lui que je veux défoncer. Lui, Liam, c'est celui que je veux venger, défendre, protéger. Mais si j'arrive pas à me calmer et qu'il me retient, je pourrais avoir un geste violent envers lui, ne pas pouvoir me contrôler, ne pas pouvoir calculer ma force et l'impact qu'un simple geste pour le repousser pourrait avoir.

Je l'entend qu'il me parle et qu'il veut me raisonner. Et ses mots s'engouffrent dans le bordel de mon crâne. « Laisse tomber », « Reste ici », connais pas. J'suis pas du genre à abandonner. J'suis comme un requin qui mord et qui secoue jusqu'à pouvoir embarquer le membre croqué et arraché tout au fond de l'océan. J'aimerais pouvoir me calmer, mais j'y arrive pas. Même en respirant comme j'ai appris, comme on m'a montré des tas de fois quand j'étais gamin, ça marche pas. L'accumulation de toutes les merdes, ça m'en empêcher. Et ce qui m'achève, c'est le « il vaut pas la peine que tu te foutes dans la merde ». Sérieux ? Il est sérieux de me dire une telle chose ?

J'ai lâché : « Bordel de merde Liam, regarde autour de toi. »
J'ai lâché : « Tu vois pas que je suis déjà dans la merde, j'suis au moins trois kilomètres sous la surface. »
J'ai lâché : « Qu'est-ce que j'en ai à branler que ce fils de pute m'apporte des emmerdes ? »
Et finalement : « La prison c'est un trois étoiles à côté de cette baraque de merde. »

Bordel de merde, faut que je frappe un truc.
Faut que je brise quelque chose.

Putain. Il voit vraiment pas à quel point j'suis dans la merde ? Il voit pas que j'suis en enfer là ? Bordel. J'suis tout seul, dans cet endroit pourri, on m'a pris la seule chose importante dans ma vie et on m'a laissé que les déchets.

J'ai dit : « Tu te rends compte que je suis dans cette épave tous les jours hein ? C'est pas aujourd'hui pour décorer. J'suis dans cette ruine chaque putain de jour. »
J'ai dit : « Je contemple les putains de vestiges de ma vie d'avant à chaque fois que je rentre ici. Et j'me demande pourquoi tout le monde s'est barré et moi j'suis encore là comme le chien galeux dont la famille veut plus. »

Bordel de merde, faut que je frappe un truc.
Faut que je brise quelque chose.

J'ai arraché mon poignet de son emprise avec brutalité, sans le toucher, avec la seule force que je pouvais mettre en tirant sur mon bras. Puis j'ai balancé mon poing dans la verrière qui se trouve sur le mur qui sépare le salon et l'entrée. La vitre a tout bonnement explosé sous le choc, en un seul coup elle a éclaté et les morceaux de verre se sont éparpillés sur le sol, se mêlant aux feuilles de papier. J'avais eu besoin de taper un truc, de casser pour éviter de m'en prendre la seule chose qui bouge dans cette maison morte et maudite si ce n'est moi. Et encore, est-ce que j'bouge vraiment en fait ? J'suis plus qu'une ombre maintenant. J'suis plus rien. J'ai jamais exprimé à haute voix ce que je viens de dire à Liam. J'ai jamais eu le courage de le dire. Ni à quelqu'un, ni à moi-même. J'ai juste les nerfs qui lâchent totalement, encore plus que ce que je croyais. J'me suis passé une main ensanglantée sur le visage par habitude, par nervosité, pour essayer de reprendre un peu mes esprits. En vrai, j'ai juste envie de chialer maintenant. Parce que j'ai honte. J'ai honte de ce que j'ai autant de ce que je suis. J'dois avoir l'air d'un con, ou d'un minable. Ou encore des deux. J'me suis pitoyable. Au moins ma colère est descendue… Enfin non, pas vraiment. On va dire que c'est la crise de violence qui s'est dissipée, mais je suis toujours autant vénère. Je respire.
Putain, pourquoi j'ai dit tout ça, moi ?
C'est bon, il va capter que j'suis qu'un faible.
En plus, qu'est-ce qu'il en a à branler de mes états d'âme ? Il en a rien à foutre.

Je me suis mordu la lèvre inférieure en lui jetant un regard, c'est bon, j'lâche l'affaire. Faut que je lâche prise. J'peux pas aller latter la gueule de son père alors qu'il veut pas. J'ferais mieux de rester ici et de l'aider à nettoyer ses plaies. J'ai soufflé longuement, presque douloureusement, j'avais de la peine.

J'ai dit : « C'est bon. Mais si ça se reproduit, j'lui enfonce ma batte dans l'orbite. »
J'ai dit : « Et tu m'en empêcheras pas. »
écrit avec Dance With The Devil par Breaking Benjamin
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MessageSujet: Re: All I want ◊ Liar Mar 1 Sep 2015 - 2:30
Got nowhere to go
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Oskar
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C’est fou ce que les choses peuvent basculer en même pas une seconde.

Ce matin, j’étais sûr qu’aujourd’hui allait être une bonne journée. Correcte au moins. Une routine s’était installée. Les choses allaient bien bordel. Et il a fallut qu’il vienne tout foutre en l’air. Pourquoi s’obstine-t-il à toujours tout foutre en l’air ? Qu’est-ce qui le dérange dans le faite que l’on puisse vivre heureux sans son égo surdimensionnés qui nous bouffe l’oxygène ? Maintenant c’est le bordel total, l’anarchie sentimentale. J’en peux plus de ses retournements de situations. J’voulais simplement rentrer chez moi pour prendre une douche et me rendre à l’université pour pouvoir devenir avocat. C’pas si compliqué que ça quand même. Merde.

Maintenant, j’suis dans le canapé de mon voisin. Le grumpy cat, pas si grumpy que ça en fait. Un sac de petit pois congelés sur la tronche, essayant de clamer les douleurs qui irradient une partie de mon visage. Le grand bonheur. Ça aurait pu s’arrêter là. Le calme aurait pu reprendre le dessus et la journée n’aurait pas été totalement foutue. Naïf. C’était sans compter sur Oskar qui s’emballe. Je ne sais pas vraiment ce qui lui arrive, mais il perd carrément pieds là. J’peux presque le voir couler et j’peux rien y faire. J’voudrais bien l’aider, mais j’ai peur de faire pire que mieux. Et si j’empirais les choses ? Je ne le connais pas assez bien pour savoir ce qui le calme dans ce genre de moments. Si seulement j’avais pensé à demander à Oksana quand on était gosse. Mais pourquoi je lui aurai demandé ça à l’époque ? J’avais aucune raison de penser qu’un jour j’en aurai besoin. Des fois j’me dis que ma vie part vraiment dans tout les sens. À croire que celui qui est sensé la guidé est atteint de spasmes sévères. C’est bien ma veine. Bordel. J’aurais de la chance un jour ou comment ça se passe ?

Il faut que je me lève, que je fasse quelque chose. Tant pis si je ne sais pas ce qui le calme, faut au moins que j’essaie de réparer les dégâts. Après tout, c’est moi qui suis venu foutre la merde. C’est à moi de régler ça. Il est presque effrayant, le Makarov avec sa batte en aluminium dans la main. J’ai du mal à m’dire que tout ça c’est pour moi. Il ne peut pas s’emporter de la sorte juste parce que mon père a passé ses nerfs sur ma personne. Non, c’est trop gros. Il doit y avoir autre chose. Quoi, je ne sais pas vraiment, mais il doit forcément y avoir autre chose. Il a peut-être passé une très mauvaise journée lui aussi et il envie de passer ses nerfs sur quelqu’un d’autre. J’en sais rien et j’pense que ce n’est pas vraiment le moment de lui poser la question. Il ne risque pas de me répondre là de toute façon. Je m’approche de lui et essaye de l’arrêter. Il faut qu’il se calme, c’est la seule solution. Alors je lui retire la batte des mains, juste pour être sûr qu’il ne s’en serve pas. Je garde son poignet entre mes doigts. Je ne le sers pas. J’veux pas lui faire mal non plus, je ne veux juste pas qu’il parte. J’veux juste qu’il reste avec moi. C’est si compliqué que ça à comprendre ?

Oskar me demande de le lâcher, il va me faire mal. Si seulement il savait. Il pourrait taper, je doute de pouvoir ressentir quoique ce soit. Je ne suis plus à ça prêt. Je devrais peut-être le laisser faire. Sa voix grave et son accent russe exacerbé par la rage m’extirpe un putain de frisson qui traverse toute ma colonne vertébrale. Gosh, c’est pas le moment de le trouver sexy la Broderick. Concentre-toi. Je fixe mon attention sur son visage. Ça m’évitera de penser à autre chose. J’veux lui faire comprendre qu’il n’a pas besoin d’aller là-bas. Mon géniteur est un con et ça lui ferait bien trop plaisir d’avoir quelqu’un d’autre sur qui taper. Il ferait mieux de s’acheter un punching-ball ce con. Malgré son avertissement, je ne bouge pas. Je reste près de lui, prêt à le rattraper s’il s’entête.

Le brun ouvre de nouveau la bouche et la douche froide. Je l’écoute sans broncher, mais le moindre de ses mots me fait l’effet de me prendre une baffe dans la tronche. Finalement, il n’a pas menti, il m’a fait mal. Certainement pas comme il l’avait prévu cela dit. En réalité, je ne m’étais pas vraiment rendu compte de tout ça, j’ai été aveugle pour le coup. Tellement occupé par mes petits problèmes que je n’ai pas su voir l’iceberg devant mon nez. Au final, je suis peut-être tout aussi égoïste que mon géniteur. Ça doit être un truc dans les gênes. Un poison qui est entrain de me pourrir la vie. Je me noie sous le flot d’informations, sous toute cette négativité. J’bois la tasse. Je suffoque. L’espace d’un instant, je manque d’air. Je me sens tellement mal. Il est déjà dans la merde et je lui ramène la mienne. J’aurai mieux fait de ne pas venir ici tout à l’heure.

« Tss. Dis pas n’importe quoi »

Ma voix est moins assurée qu’à son habitude. Je me sens mal, mal d’avoir à lui infliger ça. J’aimerais tellement pouvoir trouver les mots justes pour l’aider. Il a l’air tellement perdu. Tellement vulnérable à cet instant même que j’en ai mal au bide. Et il en rajoute une couche. Ça à l’air tellement douloureux. Qu’est-ce que je suis sensé lui dire ?

« J’veux juste pas ajouter ma merde à la tienne. »

Je sens mon emprise se desserrer et son poignet glisser de mes doigts. Il s’échappe et je ne sais pas quoi faire. Je me sens mal, ma conscience vacille. Cette journée est vraiment pourrie. Oskar doit se sentir tellement seul. Comment j’ai fais pour ne pas voir ça ? J’suis aveugle bordel. C’est clair maintenant, on est pas amis. Si ça avait été le cas je m’en serais rendu compte de cette détresse dans ses yeux. J’suis ignoble. J’me foutrais des baffes. J’les mérite certainement. Oskar à l’air livide. J’hésite, si ça ne tenait qu’à moi je serais allé le prendre dans mes bras ou quelque chose comme ça. Au moins lui montrer que je suis là quoi et que ça m’intéresse ce qu’il m’avoue. Parce qu’au fond, je ne demandais que ça. J’voulais mieux le connaître. C’est fait. Mais je ne m’attendais pas à ça. Je sais que je devrais dire quelque chose de rassurant ou n’importe quoi en fait. Mais y a rien qui vient. Je soupire et un mince sourire se dessine sur mes lèvres quand il me dit que la prochaine fois il lui enfoncera la batte dans l’orbite. L’image est drôle. Mais ça n’arrive pas à me faire me sentir mieux. J’ai l’impression d’être tombé plus bas que terre là. Ça pique.

« Je t’aiderais même si tu veux. »

Après tout, s’il recommence, j’ai pas de raison de le protéger. Je ne suis pas là pour me faire taper dessus avec le sourire. Je soupire. J’ai un noeud dans la poitrine qui m’empêche de respirer correctement. J’vais finir par suffoquer si ça continue. Manquerait plus que je tombe raide au sol. Ça serait vraiment la cerise sur le gâteau. Je passe une main dans mes cheveux roux.

« J’suis vraiment con. » le constat est plus pour moi-même qu’autre chose « Je ferais mieux de rentrer, j’ai déjà assez foutu le bordel pour aujourd’hui. J’aurai pas du venir jusqu’ici. T’as rien à voir là-dedans. Chacun sa merde, right ? T’en as déjà bien assez comme ça pour ne pas te coltiner celle que j’ai sur le dos. »

Bordel, mon coeur se sert. J’ai abandonné les petits pois depuis un moment. J’me passe la main sur le visage comme pour me ramener à moi-même et je grimace. Ça fait mal, mais j’m’en bat, ce n’est pas le plus important. Il faut que je m’en aille. J’veux pas me mettre à chialer comme un gamin devant lui. Ça serait vraiment l’humiliation suprême. Pourtant, je sens déjà ma vue s’embrouiller alors que je tourne les talons. On a pas idée de se laisser submerger aussi facilement. C’est que ce début de journée à tellement été merdique, ajouté au manque de sommeil, c’est trop. Ça déborde.
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MessageSujet: Re: All I want ◊ Liar Mar 1 Sep 2015 - 3:38
J'aime bien les cernes, ça fait mystérieux. Qu'a-t-il fait cette nuit ? Ses devoirs, l'amour, des crêpes ? Vous ne le saurez jamais.Qu'il m'aide s'il le veut. Avec ou sans son aide, son père, je trouverais un moyen de le démolir dans les règles de l'art et ce même s'il se montre virulent lorsque je m'attaquerais à sa gueule de gros con. J'y suis pas encore. J'aurais tout le temps de me préparer en prévision du jour où il osera frapper la jolie gueule du fils Broderick. Si j'dois y aller avec le fusil pour le faire flipper, j'le ferais, j'en ai rien à battre. Comme j'l'ai dit. Ouais. J'm'imagine la prison autrement plus luxueuse que cette maison pourrave où tout tombe à moitié en ruines. En prison on paye pas de dette, on bosse pas comme un taré pour payer, on est nourri, logé, blanchi aux frais de l'état. Et alors ? C'est pas mieux qu'ici ? Bien sûr que si. Mais pour un peu de liberté, faut continuer à traîner ici bas, dans la merde et la galère. Faut continuer à s'acharner pour arriver à garder le pif hors de l'eau et… Bon dieu c'que c'est dur, sérieux. Quand j'étais gosse, si on m'avait dit que je me ferais autant chier dans la vie plus tard, j'aurais refusé de continuer bordel. J'comprends même pas pourquoi je continue en fait. J'm'en sortirais jamais. Ça sera toujours la même maison sombre et délabrée. Jamais le même taf mais toujours une paye insuffisante. Il me faudrait des centaines de milliers de dollars pour payer tout ce que mon père doit à ce pays. Il a creusé ma tombe et m'a déjà foutu un pied dedans. Merci papa.
Merci connard.

J'ai pas répondu à Liam sur le coup. Je savais pas bien quoi dire à cet instant. J'étais encore choqué par ce que je lui avais dit. Je pensais jamais dire ça un jour bordel. Sérieux, je me serais mis à genoux à ses pieds avec une lame sur la gorge que ça aurait fait le même effet. C'était un peu comme si je lui offrais le choix entre me sauver ou m'achever. J'me sens faible et merdique. Impuissant et minable. Et si je n'ai plus aucun mot à sortir de ma bouche qui sent le Whisky à plein nez, j'écoute quand même ce qu'il dit. Parce que j'ai que ça à faire. Parce que je peux bien tenter de me concentrer un peu, d'écouter sa voix et ses mots qui m'ont fait baisser les yeux immédiatement. Bordel Oskar, ce que t'es mou, c'est lamentable. T'es pitoyable comme gars.
J'ai limite l'impression de me la jouer chien battu alors que c'est même pas ce que je cherche en fait. J'sais pas ce que je cherche. Je sais pas ce que je veux ni ce que je dois dire, comment je dois réagir, ce que je dois penser de ce qu'il me dit. J'sais plus.
Je crois que je l'ai cassé. J'ai voulu le protéger et je l'ai cassé. Je pense que si je l'avais encastré dans le mur ça aurait été moins violent pour lui. Je l'ai entendu à sa voix, c'était plus pareil. C'était… Pas lui. Et ça aussi ça m'a fait mal. Ça m'a carrément fendu le cœur et j'ai commencé à me sentir coupable. J'ouvre peu ma gueule en temps normal et… J'aurais du continuer ainsi. J'me mords l'intérieur de la joue. J'ai du sang plein la main, plein la gueule aussi mais à cet instant-là, autant dire que j'en ai absolument rien à foutre. C'est simple. Je m'en carre. Je pourrais me vider de mon sang par les plaies qui couvrent la main qui a brisé la vitre que j'en aurais toujours rien à cirer. Tout ce qui me préoccupe, c'est l'espèce de combat intérieur qui se déroule en moi. J'suis déchiré entre les différentes options qui s'offrent à moi à présent. Est-ce que je le laisse se barrer ? Est-ce que je lui demande de rester ?

Qu'est-ce qu'il veut lui ?
Il veut partir, c'est bien clair.
Enfin… Il voulait rester aussi.
Donc qu'est-ce qu'il veut en vrai ?

Et moi, qu'est-ce que je veux ?
Moi je veux pas qu'il retourne là-bas. Il a nulle pas où aller à part ici alors il compte retourner dans cette maison avec ce connard ? Non. J'veux pas qu'il fasse ça. Je refuse. Et j'aimerais qu'il reste. J'ai envie de sa compagnie. Je te jure, j'sais pas comment ça se représente dans ma tronche mais… Je voudrais qu'il reste. Je veux pas qu'il me tourne le dos lui aussi. Je veux pas qu'il me laisse seul. J'ai serré les dents.

Le chien galeux.
Le chien délaissé.
Le chien abandonné.

J'ai pas envie qu'il me fasse ce coup lui aussi. Ça s'enchaîne trop vite dans ma tête, l'acheminement de mes pensées se fait à un rythme de malade. Genre, le cour effréné de la paranoïa qui s'infiltre dans ma pauvre cervelle. L'épuisement n'aide pas. La tristesse n'aide pas. L'alcool n'aide pas. Je veux pas qu'il s'en aille.

J'ai ouvert la bouche : « Liam... »

J'ai attiré son attention comme ça. Du moins j'ai essayé. Mais ma voix grave est restée en suspend. J'ai pas continué. Pourtant, il attend sûrement une phrase après ça, après son prénom prononcé avec tant d'effort. Est-ce qu'il en sera conscient, de ça ? Du fait que ça me coûte énormément ? Du fait que je ne suis plus habitué à ça, du fait que je suis tellement habitué à m'écarter des gens que c'est quelque chose de monumental que j'essaye de retenir quelqu'un, que je me raccroche à une personne ? A une seule. Et va savoir pourquoi j'ai choisi celui qui me rapportera sûrement le plus d'emmerdes.
Des emmerdes, j'en ai déjà à la pelle de toute façon.
Je crois que ça peut plus être pire que ça.

J'ai pas su faire la moindre phrase, j'ai même pas attendu après lui qu'il veuille bien se retourner parce que moi j'ai franchi les quelques pas qui nous séparaient et j'ai glissé mon bras autour de sa taille, je l'ai serré solidement contre moi. Son dos collé contre mon torse. J'ai plaqué mon nez contre sa nuque. Pour rien de pervers, rien de… Malsain. Rien de tout ça. J'ai fermé les yeux alors que mes doigts agrippaient son tee-shirt, froissant et salissant allègrement le pauvre tissus qui n'a rien demandé à personne.
Mais nous non plus on a rien demandé à personne.
On a pas demandé à naître et à être plongés dans la merde.
On a juste demandé à pouvoir poursuivre une vie « normale ».
Mais il faut croire que ni lui ni moi n'avons le droit à ce genre de luxe.
Perso j'sais bien que j'suis condamné de toute façon. Et putain, j'ai jamais été foutu de me faire une raison, de me faire à cette idée. En général je me convainc que si alors qu'en vrai… J'en chie bordel. J'me voile la face. J'me suis fait à rien de tout ça et j'm'y ferais jamais.
J'ai soupiré contre la nuque du rouquin, ses cheveux me chatouillaient le nez et finalement se collaient à ma peau à cause du sang.

J'ai soufflé : « Reste avec moi... »

Fini le ton autoritaire. Même si j'lui donne un ordre, mon ton est plus suppliant qu'autoritaire. Ça change de tout à l'heure. Plus rien n'est comme tout à l'heure je crois bien. Je sais même pas ce que je fous. Je sais même pas s'il va me repousser, finalement se barrer ou bien rester. Je pourrais pas le forcer de toute façon, c'est à lui de décider.
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MessageSujet: Re: All I want ◊ Liar Mar 1 Sep 2015 - 4:49
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C’est compliqué. Je me dis que je devrais rester ici, parce qu’après ce qu’il m’a avoué je ne peux pas me barrer comme ça. J’ai l’impression de l’abandonner, de faire mon lâche. Seulement, je ne peux pas faire autrement. Je ne me vois pas rester là. Je ne sais pas quoi lui dire. J’ai aucune idée de ce que je suis sensé faire. Mon esprit est embrumé. Je me suis pris trop de coups dans la face aujourd’hui. Je sens que je commence à vaciller et je ne veux pas m’effondrer devant lui. Non, ma fierté ne s’en relèverait pas. Puis, il n’a certainement pas besoin de ça lui non plus. Il a l’air déjà assez mal pour ne pas voir un rouquin se mettre à pleurer dans son hall d’entrée. Définitivement, ce n’était pas le bon moment. Alors quand c’est comme ça, vaut mieux fuir. Ce n’est pas très courageux comme attitude, mais c’est la seule que j’ai en stock pour le moment. Y a une voix dans ma tête qui me crie de rester, parce que j’ai nul par d’autre où aller, mais surtout parce que je sens au fond de moi que c’est l’un des moment où Oskar pourrait avoir besoin de moi. Bordel qu’est-ce que ça peut être compliqué parfois.

Je suis sortie de mes pensées par la voix d’Oskar qui prononce mon prénom. Dans sa bouche, ça donne quelque chose de spécial. J’aime bien comment ça sonne. Son ton grave qui glisse sur chacune des lettres de mon prénom, c’est doux, presque comme une caresse. Je me mordille la lèvre inférieure pour retenir un nouveau frisson. Gosh faut vraiment que j’apprenne à retenir ce genre de réactions. Je me suis stoppé quand je l’ai entendu. J’vais pas faire comme si j’avais rien capté, ça serait gros comme stratagème et il n’est pas con le Makarov. Je reste là, comme un abruti, sans oser bouger ou dire quoique ce soit. Putain, on doit vraiment avoir l’air de deux gros idiots. Il faudrait peut-être pensé à dire quelque chose. Dis quelque chose abruti. Mais non, y a rien qui vient. On est vraiment si handicapés que ça ?

Je l’entend avancer, ses pas résonnent dans le silence qu’il règne dans la maison depuis qu’il a prononcé mon prénom. Je me demande ce qu’il veut, ce qu’il fait, mais je n’ose pas spécialement me retourner. Parce que je ne sais toujours pas quoi lui dire et que je dois avoir l’air d’un abruti, alors je me contente de fixer la porte d’entrée. Je me figes quand je sens son bras entourer ma taille. Wait. Non, je ne rêve pas, son bras est bien entrain d’entourer ma taille et je ne tarde pas à sentir son torse s’appuyer contre mon dos. Gosh. Pour une surprise c’est une surprise. Qu’est-ce qui lui prend ? Fin je veux dire… qu’est-ce qui lui prend ? Non, parce que de ce que je me souviens, il n’est pas vraiment du genre tactile et encore moins avec un mec comme ça, juste pour le plaisir alors qu’est-ce qu’il est entrain de faire là ? Je peux sentir son souffle dans ma nuque et bordel ça m’empêche littéralement de réfléchir correctement. Chaque expiration réchauffe un peu plus la peau de mon cou et c’est carrément agréable. C’est doux et ça contraste carrément avec le reste de la journée. C’est suffisant pour m’apaiser. Me détendre aussi. J’crois bien que mes muscles sont tendus depuis que j’ai aperçu la voiture noire devant chez moi. Alors ça fait un moment qu’ils souffrent de l’effort qu’ils doivent fournir. Je le sens qu’il s’accroche à moi, comme un naufragé à une bouée et ça me fend le coeur. Et dire que j’ai failli partir. J’peux pas le laisser comme ça. Non, ça ne me ressemble pas. Je reste encore immobile quelques secondes avant de finalement faire glisser ma main le long de son bras pour finalement se poser sur sa main, reposant toujours sur mon torse. Mes doigts pressent légèrement la peau ensanglanté. J’ai même pas fait gaffe qu’il s’était blessé. Je suis vraiment aveugle.

Mes yeux se ferment l’espace d’un instant quand ses mots soufflés effleurent ma peau. J’crois bien que j’ai arrêté de respirer aussi, juste un quart de seconde. J’sais pas ce qui me prend. J’agis bizarre depuis que je l’ai revu de toute façon. Mon cerveau patauge et avec tout ce qui vient de se passer je n’arrive plus à réfléchir correctement. Il n’y a plus que ses mots qui résonnent dans mon crâne et la douce sensation de chaleur qu’il dégage contre mon dos. C’est hypnotisant. Mes doigts se pressent un peu plus fort contre sa main. Je n’ai pas envie de le lâcher finalement. Moi aussi j’ai envie de rester, même si je sais que c’est certainement la pire décision que je puisse prendre. J’ai l’habitude. Je prend toujours les mauvaises décisions. Si ça n’avait pas été le cas. Je ne serais pas rentré chez moi ce matin et rien de tout ça ne se serait passé. Oskar aurait pu continuer à vivre sa vie et jamais je ne serais venu le déranger. Sa main serait intacte et ma face aussi. Il faut toujours que je bousille tout. C’est plus fort que moi.

Seulement, là, je n’y pense pas vraiment. L’odeur de whisky vient chatouiller mes narines. Un peu comme pour me rappeler la présence d’Oskar dans mon dos. Plutôt difficile. Je soupire. Je ne sais pas combien de temps on est resté comme ça. Peut-être juste quelques secondes, certainement plus longtemps. J’en sais absolument rien. J’ai arrêté de compter et puis à quoi ça aurait servi de toute façon ? Bordel, cette situation est juste irréelle. Si hier, on était venu me dire qu’Oskar Makarov, le mec qui passe son temps à râler dès qu’il est en ma présence - et même quand ce n’est pas le cas - serait là, serré contre moi à me prendre dans ses bras. J’aurai certainement opté pour une mauvaise blague et pourtant. Il est bien là, dans mon dos, son souffle dans ma nuque. C’est un putain de rêve et je ne vais pas tarder à me réveiller. Mais si c’est un rêve, je peux bien tenter quelque chose.

Doucement, je viens desserrer légèrement son étreinte. Juste de quoi pouvoir me tourner vers lui. Le fait que son bras soit toujours autour de moi m’empêche d’aller bien loin. J’ai l’intention d’aller nul part de toute façon. Son visage n’est plus qu’à quelques centimètres du mien et son haleine chargé de whisky s’écrase contre ma face à chaque expiration. Ce n’est pas si désagréable que ça en a l’air. Il a du sang plein le visage, mais j’m’en fou. Ce n’est pas ça qui m’intéresse. Je bug un moment sur ses lèvres qui ont été épargné par le carnage d’hémoglobine. C’est la seule chose chez Oskar qui a l’air douce. Une sorte d’anomalie dans le roque où il a été taillé. Une irrésistible tentation. Mes yeux se relèvent pour croiser le regard du russe à la recherche du moindre indice sur ce qu’il peut ressentir à l’instant, mais il a l’air tellement vide à l’intérieur que ça me file mal au ventre. Sans plus réfléchir - parce que dans ce genre de situations ce n’est jamais bon de réfléchir - ma main vient se glisser dans la nuque du brun et je franchis les quelques centimètres qui nous séparent encore. Mes lèvres rencontrent les siennes dans un baiser doux. Rien de sauvage. Juste un peu de douceur et de réconfort surtout. Je ne sais pas ce qui me prend, si c’est l’enchaînement des événements ou l’envie pure, mais je profite de ses baisers, mes lèvres se pressant un peu plus contre les siennes. Là non plus je ne sais pas combien de temps ça a duré, mais en tout cas c’était agréable. Bien plus enivrant que ce que j’avais imaginé. Ça aurait presque pu avoir quelque chose de magique, comme si ça effacé tout. Mais ce n’est pas le cas, ma lèvre est toujours fendue.
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MessageSujet: Re: All I want ◊ Liar Mar 1 Sep 2015 - 19:11
J'aime bien les cernes, ça fait mystérieux. Qu'a-t-il fait cette nuit ? Ses devoirs, l'amour, des crêpes ? Vous ne le saurez jamais.Peu importe la force avec laquelle je le tenais contre moi, peu importe mon envie qu'il ne s'en aille pas, il avait toujours le choix. Je pouvais pas le forcer, j'allais pas le séquestrer pour pouvoir le garder ici, pour ne pas qu'il me laisse seul lui aussi. Je ne pouvais que m'emplir les poumons de son odeur délicieusement masculine et espérer qu'il me reste, au moins encore un peu. Attends là… J'suis vraiment en train de kiffer son parfum ? Sérieux, y'a un truc qui tourne vraiment pas rond chez moi ! Je dois être un gros malade putain. Depuis qu'on s'est retrouvés lui et moi, qu'on recommence à se côtoyer – même si c'est à quatre-vingt-dix-huit pour cent du temps au travail – bah… Je deviens vraiment bizarre. Je me sens bizarre. Il me rend bizarre, voilà. Je ne sais absolument pas ce qui se passe mais je crois que même en réfléchissant longtemps, je trouverais pas de réponse. Je pense qu'il faut juste que j'attende que la réponse me tombe sur le coin de la gueule. En attendant, j'me laisse juste guider par ce qui me vient, je cherche pas. Je crois que c'est pas la peine de se prendre la tête en fait, c'est trop lourd et je me prends déjà la tête pour des tas de choses.

Je me demande à quoi il pense. Comment il interprète mon geste parfaitement inattendu… Ouais. Même moi je m'y attendais pas en fait, j'avais pas prévu ça. De toute façon j'ai rien prévu de ce qui est arrivé aujourd'hui alors faut croire que les choses s'enchaînent de la même manière sans que je n'y puisse quoi que ce soit. C'est une journée différente. Elle aurait mieux fait d'être comme toutes les autres. J'ai senti ses doigts sur sa main et j'ai senti que ça piquait. Ma peau est coupée, griffée, abîmée et le sang s'écoule lentement, douloureusement, mais je m'en fous totalement. Le contact de ses doigts me fait du bien malgré tout. C'est un contact, une attention. Je crois bien que c'est de ça que j'ai besoin à cet instant là. J'ai besoin de lui. J'ai besoin qu'il soit là. J'ai lâché un soupire, je fermais les yeux, je laissais mon nez perdu dans ses cheveux collés par mon hémoglobine. Tout ça, c'était pas grand-chose mais c'était tellement doux… Ça fait bien longtemps que je n'ai pas eu ce genre de geste envers qui que ce soit. Ça fait bien longtemps que je ne me suis pas laissé aller à quelque chose d'aussi agréable et pourtant si simple.
J'ai eu l'impression que le temps s'arrêtait. Je ne le voyais plus défiler. Je ne saurais même pas dire durant combien de temps on est restés dans cette position, silencieux, immobiles. Je m'apaise doucement, la rage me quitte un peu, peu à peu je sens le calme m'envahir. Et même peut-être une sorte de sensation de légèreté comme je n'en ai pas ressenti depuis des années maintenant. J'ai l'impression que c'est juste parce que c'est lui. C'est lui qui me fait ça, il a comme un effet calmant sur moi.

Il anesthésie la douleur de la peine.

J'ai senti qu'il me faisait desserrer ma prise et ça a fait que mon cœur s'est serré. Alors, il s'en va malgré tout ? Il va me laisser tout seul ? Je me suis mordu la lèvre inférieure. Mais je me suis senti rassuré quand j'ai vu qu'en réalité il ne s'en allait pas, il ne faisait que se retourner. Je l'ai regardé, son visage était si près du mien que je pouvais sentir son souffle s'écraser sur le bas de mon visage. A ce moment, je me sens presque intime avec lui, on est plus proches que jamais alors qu'on s'échange notre air. Son regard semble se perdre un instant avant de venir se fixer dans le mien.
J'aurais pu essayer de lui sourire un peu, mais j'avais pas le courage.
J'avais le courage de rien du tout.
Je restais immobile, à le regarder comme un con. J'me sentais stupide : j'avais rien à dire, je ne savais pas quoi faire. Je crois qu'il y a pas grand-chose à dire en fait. Et puis j'ai senti sa main venir contre ma nuque, ça m'a fait instantanément frissonner.

'Tain, son visage s'approche.
'Tain, qu'est-ce qu'il fout ?

A l'instant où ses lèvres se sont posées sur les miennes, j'ai été tellement surpris de son geste que mes yeux se sont écarquillées. J'devais sûrement avoir l'air d'un gros puceau dont c'est le premier baiser, mais sérieux, c'était très inattendu, j'aurais jamais cru qu'il allait m'embrasser dans ce genre de situation. Franchement, qu'elle idée de m'embrasser à un tel moment… Enfin… Je pensais pas qu'il m'embrasserait un jour en fait. J'pensais pas qu'il aurait ce genre d'envie non plus. Je sentais mon cœur s'emballait comme un fou, j'ai fini par fermer les yeux et glisser ma main contre la joue de Liam, délicatement. Je caressais sa peau enflée en tentant du mieux que je pouvais de ne pas lui faire mal tandis que je mouvais mes lèvres contre les siennes. Elle étaient aussi douces que ce que j'avais imaginé, elles étaient chaudes aussi. Ce baiser avait un goût métallique, sanguin, mais je m'en foutais pas mal. T'imagines même pas à quel point c'est agréable. J'imaginais même pas que ça puisse être aussi agréable d'embrasser ce mec.
Ouais, c'est un mec. Mais j'm'en fous pas mal en vrai. J'ai jamais été aussi hétéro que j'en avais l'air.
Et c'est un baiser, rien qu'un baiser.

Sur une petite impulsion, j'ai serré mon bras autour de sa taille pour le ramener contre moi, nos torses étaient collés l'un à l'autre avec le tissus de nos tee-shirts pour séparer nos peaux. Mais je pouvais sentir la chaleur de son corps malgré tout et c'était tout ce qui me faisait envie. J'ai lentement fait glisser ma langue contre sa lèvre inférieure, effleurant tout doucement la plaie qui s'y trouvait avant d'incliner la tête pour approfondir le baiser.
Je sais pas pourquoi ça se passe. Je sais pas pourquoi on fait ça. Mais c'est arrivé comme ça, et j'ai pas envie de gâcher ça. J'ai envie d'en profiter. Et j'ai profité jusqu'à ne plus pouvoir respirer correctement. C'est quand je me suis retrouvé à bout de souffle que j'ai écarté mon visage du sien et que j'ai posé mes yeux sur ses lèvres humides avant de plonger mon regard dans le sien. J'ignorais le sang qui couvrait une partie de son visage, je me mordais la lèvre inférieure, un peu nerveux.
Et maintenant ?
Comment agir ?
Que dire ?

J'ai retiré ma main de sa joue avant de me frotter nerveusement la nuque. J'ai doucement frôlé son dos avant de défaire l'étreinte qu'il y avait entre nous. J'ai détourné le regard un instant, cherchant un peu quoi dire, puis j'ai regardé de nouveau son visage. Ouais, son visage. Il serait peut-être temps de faire quelque chose pour ça parce que là, j'crois que si il croisait un gamin, ce dernier partirait en courant en braillant d'horreur. J'ai posé ma main sur le bras du rouquin pour attirer son attention, même si je pense bien que je l'ai déjà.

J'ai dit : « Viens dans la salle de bain, faut nettoyer tes plaies. »
J'ai dit : « T'as perdu tous tes atouts de séduction avec cette face. »

Ouais c'est pas gentil, j'sais. Mais j'dis ça plus pour l'emmerder qu'autre chose. J'le taquine parce que la séduction c'est sensé être son truc, non ? Et avec c'te gueule là, autant dire que c'est un peu râpé pour faire fantasmer les vieux papys pédés du club. A moins qu'ils soient adepte du style délinquant qui s'est fait péter la gueule.
J'ai fait signe au grand rouquin de me suivre jusqu'à la petite salle de bain, cette dernière a été sauvée de la poussière et du bordel, c'est déjà pas mal, non ? J'lui ai fait signe de s'asseoir sur le bord de la baignoire et je me suis mis à fouiller dans le placard sous le lavabo pour en sortir une boîte où je range quelques trucs de soin. J'en ai sorti des compresses pour y mettre de l'alcool avant de nettoyer les quelques plaies de Liam. Les miennes ? J'm'en préoccupe pas vraiment, j'me passerai de l'eau et ça ira très bien.

« Tu te remettras du froid après si tu veux pas ressembler à Casimodo. »

L'ambiance a changé tout d'un coup. On est bien loin de la colère, de la crise dépressive et du baiser échangé. Mais je préfère pas penser à ça pour le moment. J'suis trop paumé pour ça.
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MessageSujet: Re: All I want ◊ Liar Mer 2 Sep 2015 - 4:59
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Les choses s’enchaînent beaucoup trop vite aujourd’hui. J’ai l’impression de ne plus avoir la main sur mes propres actions. Un peu comme si j’étais en mode automatique. Je vois les trucs qui s'passe. J’en ressens même les effets et les sensations, mais ce n’est pas moi qui choisit. Je ne suis qu’un vulgaire pantin de chiffons qui subit tout ça. C’est étrange. Mon cerveau a dû lâcher quelque part en route. Une sorte de claquage certainement. J’le surmène le pauvre. Il ne peut pas suivre un rythme comme je lui impose.

Je suis dans le hall d’entrée du Makarov, son bras autour de ma taille, son torse collé à mon dos. Cette situation est tellement irréelle. Jamais je n’aurais cru Oskar capable de ce genre de geste. Il a l’air tellement bourru comme ça, au premier regard, que l’on pourrait croire que les rapprochements ce n’est pas son genre. Pourtant il est bien là. La chaleur de son corps irradiant mon dos. C’est agréable et ça a l’air d’être tellement loin la rage de tout à l’heure. C’est pourtant pas si éloigné que ça. Les choses vont vraiment trop vite aujourd’hui. C’est la folie. Je profite de ce contact, un peu de douceur dans tout ce bordel ça ne fait pas de mal. C’est toujours mieux que les coups qui pleuvent. La tempête est passée. Et comme toujours le calme est arrivé. C’est parfois long, mais ça arrive toujours. Mes doigts sur sa main accrochent ses plaies. Il ne s’est pas raté on dirait. Il faut dire qu’il faut être taré pour taper dans la verrière. La colère peut vraiment pousser à faire des choses stupides parfois.

Puis je ne sais pas trop ce qui me prend. Je dois vraiment fonctionner en mode automatique. Je ne vois pas d’autre solution. Je me sens mal, une sorte de vide s’est creusé à nouveau dans ma poitrine depuis que j’ai vu la silhouette de mon géniteur se dessiner dans mon salon. Il n’y a que lui qui sait me fait cet effet-là. Me renvoyer tout le néant qui constitue ma vie. Il est bon pour foutre la merde celui-là. Il ne revient pas souvent, mais en général, il laisse des traces et pas seulement sur mon visage. Il a peut-être toujours une sorte d’influence malsaine sur moi, ascendance que je n’arrive pas à supprimer, malgré toute la haine que je lui voue. Le contact d’Oskar a le don d’effacer un peu ce vide dans le fond de ma poitrine. C’est étrange, mais pas désagréable. C’est certainement cette sensation qui m’a poussé à me tourner vers lui pour enfin lui faire face. Son visage est ensanglanté par son propre sang, ça lui offre un certain côté psychopathe. Ce n’est pas ce qui m’a empêché de me rapprocher un peu plus, comme attiré inévitablement. J’aurai certainement pas dû faire ça. Ça ne m’était jamais venu à l’idée de me rapprocher de la sorte. Je veux dire, Oskar c’est mon voisin, le gars que je voyais parfois quand je venais jouer avec sa soeur. Le mec plus vieux, qui avait toujours l’air inaccessible. Il n’est plus si inaccessible que ça maintenant. Mes doigts se posent dans sa nuque. Il est même plutôt proche désormais. Sans plus réfléchir mes lèvres se posent sur les siennes et je m’attend déjà à ce qu’il me repousse.

Pourtant, il n’en fait rien. Il ne bouge pas. Je peux même sentir sa main qui a fini dans mon dos quand j’ai bougé se resserrer un peu plus, m’attirant davantage contre lui. Ça aussi c’est étonnant. Sa lèvre glisse contre la mienne, toujours fissurée par la rencontre du poing de mon géniteur. Mes doigts caressent légèrement la peau de sa nuque, le gardant contre moi. J’ai l’impression que tout autour de nous c’est arrêté. Je ne m’attendais pas à ce genre d’effet. Je l’ai embrassé sous une impulsion. Je pensais que ça ne me ferait ni chaud ni froid. Il approfondit le baiser, je n’ai rien contre. Ma langue vient danser avec la sienne, un goût de fer bien présent. Il faut dire qu’entre lui qui a du sang plein la face et moi qui a la tête en vrac, ce n’est pas le sang qui manque. Ce n’est pas si dérangeant que ça au final. Puis finalement, il rompt le baiser. Je me mords la lèvre inférieure. Bordel, qu’est-ce que je viens de faire là ? Mes doigts glissent de sa nuque pour s’écraser mollement contre ma cuisse. C’est lui qui parle le premier. Je ne me sentais pas d’ouvrir la bouche, là, tout de suite. Oskar a retrouvé son ton autoritaire. Il faut nettoyer mes plaies. Ouais, il a raison. Ça ne ferait pas de mal je pense. Je lâche un petit rire amusé quand il me dit que j’ai perdu mes atouts séduction. Enfoiré. Il ne doit pas avoir tort, je dois faire peur aux enfants comme ça. Quoique, je puisse passer un casting pour un film d’horreur, je pourrais me faire un peu de tunes.

« Crois-moi, j’ai d’autres atouts séduction. »

Un sourire mutin se dessine sur mes lèvres. Je lui aurai bien adressé un clin d’oeil, mais je ne suis pas sûr que mon oeil soit capable de s’ouvrir correctement. Ça risque d’être compliqué de manœuvrer comme ça. Enfin, je ne mens pas vraiment. J’ai d’autres atouts qui plaisent aux clients. Mais je ne vais pas rentrer dans les détails, il risque de ne pas aimer et puis le temps qu’il ne râle pas j’ai bien envie d’en profiter. Je le suis dans la salle de bain et viens m’asseoir contre la surface dure de la baignoire. Au passage je croise mon reflet dans un petit miroir qui passait par-là et effectivement je fais peur. Il ne m’a pas loupé l’autre con. Je le regarde sortir de quoi désinfecter les quelques coups sur mon visage. 



« D’ailleurs, si tu pouvais les prévenir en allant taffer ce soir. Dire que j’peux pas venir tout ça. »

Il faut bien que je pense à mon travail, il ne manquerait plus que je me fasse virer. Avec un peu de chance je pourrais y retourner dès que ma face aura dégonflé et je me cacherais bien derrière le bar jusqu’à ce que je retrouve une allure plus ou moins présentable. Quelques picotements se font sentir quand la compresse touche la plaie. Bon, ce n’est pas si horrible, je devrais pouvoir tenir sans me mettre à pleurer. Il me conseille de mettre de la glace sur ma face si je ne veux pas ressembler au bossu de notre dame. Il a de quoi rassurer celui-là.

« Ouais, j’vais faire ça. Même si je suis sûr que je pourrais trouver une Esmeralda comme ça. »



J’raconte des conneries, mais y a que comme ça que j’arrive à me changer les idées. Le sérieux ça n’a jamais vraiment été mon truc. Du moins jamais bien longtemps. C’est une sorte de technique de défense, le second degré. 



« Tu devrais en profiter pour désinfecter ta main aussi, tu t’es pas loupé. »

Clairement, de ce que j’ai pu sentir tout à l’heure, le verre l’a entaillé comme il fallait et s’il veut cicatriser rapidement, il a plutôt intérêt à nettoyer ça rapidement. On ne sait jamais les conneries qu’on peut choper avec une plaie ouverte. Je finis par me lever et m’arrête devant le miroir. Observant les dégâts. Maintenant que c’est nettoyer les traces se découvre beaucoup plus facilement. Une partie de mon visage est enflé, tellement que ça me file une allure grotesque. Puis je me tourne vers lui.

« Dis-moi, par hasard, tu n’aurais pas une bière ou quelque chose de plus fort à boire ? J’en ai besoin j’crois. » 



Ouais, ça ne pourra pas faire de mal, parce qu’après tout ce qui vient de se passer je devrais m’anesthésier pour ne pas faire exploser mon cerveau qui s’est remit à fonctionner à toute vitesse. J’en choperais presque une migraine. Qu’est-ce que je fous bordel ?
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MessageSujet: Re: All I want ◊ Liar Jeu 3 Sep 2015 - 2:35
J'aime bien les cernes, ça fait mystérieux. Qu'a-t-il fait cette nuit ? Ses devoirs, l'amour, des crêpes ? Vous ne le saurez jamais.Ses atouts séduction, j'ai aucune envie de les connaître. En fait, plus que ces derniers, ce qui me dérange c'est l'image que je risque d'avoir en tête. J'ai aucune envie de me retrouver à avoir l'image de lui en train d'en user sur les vieilles pédales dégueulasses du bar où on travaille tous les deux. J'en prends déjà plein les yeux quand on bosse – d'ailleurs je dirais que j'ai presque les rétines endommagées à force – alors j'ai pas envie d'avoir ça dans le crâne en dehors alors que je suis chez moi. Ça ira, merci. Je préfère largement les oublier un maximum, ces gros dégueulasses, c'est meilleur pour ma santé mentale on va dire. Je sais déjà pas comment je fais pour supporter pour le moment, alors gardons le miracle sain et sauf et comme il est. J'ai besoin de mon taf alors c'est pas le moment de me mettre à avoir envie de fracasser de la tapette en manque de chaire fraîche maintenant. Ça serait bosser dans de – très – mauvaises conditions, hein ? Puis j'aimerais bien qu'on m'épargne, ça serait gentil. Donc j'ai pas répondu à ses paroles, histoire de ne pas le tenter de s'étaler sur ce sujet qui pourrait tout bonnement m'achever net.
Oui, ça fait plusieurs fois que je suis allé bosser au bar.
Non, je ne me suis toujours pas habitué.
Je ne m'habituerais jamais.

Mais voilà, il me rappelle que ce soir va falloir que j'y aille et ça me fait soupirer légèrement. J'ai comme… Absolument pas envie d'y aller. Et je me demande comment je vais faire sans lui dans les parages bordel. Et sans bagnole.
Oh putain, ça va être la merde ça encore. La poisse, pourquoi il faut toujours que ça me tombe sur la gueule, sérieux ? J'ai vraiment une vie pourrie, je m'en rends de nouveau compte. J'me passe la main sur le visage comme si ça allait m'aider à me sortir de ce putain de cauchemar. Mais si c'était aussi simple que ça, ça serait bien trop beau, pas vrai ? Faut arrêter de rêver.

J'ai répondu : « Ouais, j'le ferai. »

Et j'essayerai de pas me jeter sous un bus au passage.
Sérieux ça me déprime là.

M'enfin, je lui ai nettoyé le visage le plus délicatement possible, histoire de pas faire un carnage sur son visage qu'est quand même plutôt joli en temps normal… Il ressemble plus à grand-chose à présent, heureusement que c'est temporaire parce que ça aurait été vachement dommage s'il était condamné à rester comme ça. Pas que je sois vachement du genre superficiel comme mec, mais faut dire qu'en comparaison avec la tronche qu'il avait auparavant bah… Y'a pas photo quand même, quoi. Mais en tout cas, je vois qu'il a encore le sens de l'humour malgré ça, tout n'est pas perdu au moins, il se laisse pas totalement abattre, c'est cool pour lui. Y'en a au moins un qui a un peu de courage, c'est pas mal.
J'ai quand même arqué un sourcil en entendant ce qu'il était en train de me dire alors que je venais de lui dire qu'il fallait qu'il se mette quelque chose de froid sur le visage pour que ça reste pas enflé comme ça l'est actuellement.

J'ai dit : « J'croyais que t'étais homo, toi. »
Et puis : « T'sais que la meuf elle finit pas avec le moche à la fin, hein ? »

Ouais, quand même, je connais un minimum mes classiques même si j'ai pas fréquenté l'école super longtemps comparé  à d'autres. J'ai même arrêté très tôt, j'ai pas vraiment eu le choix, mais j'suis pas totalement débile non plus, j'ai un minimum de culture quoi. Et de toute façon dans les histoires, ça arrive quasiment jamais que la nana finisse pas avec le beau gosse. C'est comme ça, c'est tout, les moches sont malheureusement classés au rang de « bouffons », ils sont juste là pour décorer salement et distraire les gens pendant que les beaux batifolent entre eux comme des gros crevards. Voilà, voilà.

J'ai haussé les épaules quand Liam m'a conseillé de désinfecter mes propres plaies aussi mais j'étais pas vachement motivé, j'avais même carrément la flemme. Alors j'me suis approché du lavabo et j'me suis rincé le visage, histoire d'arrêter à ressembler à une version dégueulasse de Dracula et j'en ai profité pour tout simplement me laver les mains. J'ai ensuite essuyé le tout avec une serviette avant de me faire un rapide bandage pour éviter de foutre du sang partout si jamais ça se remet à pisser le sang quand ça l'a fait tout à l'heure. J'ai pas envie d'avoir à nettoyer. Sérieux, m'occuper de nettoyer cette maison, c'est juste la pire punition du monde. J'étais largement plus ravi d'avoir des corvées quand j'étais gamin… Et pourtant j'avais une sainte horreur de ça, je tapais un scandale à mes vieux presque à tous les coups quand ils espéraient que j'allais donner un coup de main pour les tâches ménagères et autres conneries du genre.
Aujourd'hui ça se voit que j'ai bien zappé cette étape, hein ? La maison est dans un état chaotique et j'ai même pas envie de m'en occuper un peu. Même pas le strict minimum… Enfin… En général je vis tout seul, personne n'entre ici alors voilà, y'a que moi pour m'en prendre à moi-même et puis y'a que moi qui supporte, mais si le fils Broderick établit campement ici pour un moment, va peut-être falloir penser à s'y mettre au moins un peu…
Fait chier.

« J'ai des bières dans le frigo et d'autres trucs dans le buffet. »

C'est ce que je lui ai dit quand il m'a demandé si j'avais quelque chose à boire. L'alcool, j'en ai pas mal ici. C'est un peu ma compagne au quotidien. Mon père m'insupportait quand il buvait et au final, je me retrouve un peu avec le même problème que lui. J'ai des problèmes d'alcool, je le sais, mais c'est plus fort que moi… Et je tente rien contre ça, je me laisse totalement sombrer là-dedans. A quoi bon se débattre quand c'est la seule chose qui m'apporte un peu de réconfort, hein ? Je suis seul moi, alors je fais chier personne avec ça. Aujourd'hui, je suis pas trop touché, Liam est arrivé avant que je sois torché… Coup de bol pour lui, parce qu'autant dire que s'il était arrivé plus tard, j'aurais même pas bougé mon cul du canapé. Déjà, j'en aurais pas eu la moindre envie. Ensuite, j'aurais même pas été capable de me lever. Et si ça se trouve je me serais endormi comme une merde de toute façon. Mon existence est pitoyable, je sais, mais ça, j'étais déjà bien au courant.

J'ai fait signe au rouquin de me suivre et je suis allé jusqu'au buffet du salon pour attraper une bouteille de vodka qui se trouvait à l'intérieur puis la bouteille de Jack qu'est posée dessus et avec ces deux dernières, je suis allé me poser dans le canapé avant de regarder Liam.

J'lui ai dit : « Prend c'que tu veux. »
J'lui ai dit : « Si tu tiens à prendre un verre, y'en a dans la cuisine. »

Perso je bois toujours à la bouteille. Je partage pas en général… Pareil, j'ai personne avec qui partager de toute façon. Et puis je m'en tape moi, j'ai pas besoin de verre, c'est tout, je suis pas une chochotte.

J'ai dit : « Au fait, si jamais, tu peux te servir si jamais t'as besoin de quelque chose, tu peux bien fouiller, j'm'en fous. »

Contrairement à ce que bien des gens pourraient croire, j'ai rien à cacher. Enfin… Pas grand-chose.

Je précise : « Va juste pas dans d'autres chambres que la mienne, c'est tout c'que je te demande... »

La chambre de mes parents et celle d'Oksana, je n'y ai plus touché depuis que je suis seul, j'ai pas la force d'y aller et en même temps… J'aimerais pas que les choses bougent, je veux qu'elles restent comme elles sont. Un peu comme si leurs propriétaires allaient finir par revenir un jour ou l'autre, même si je sais parfaitement qu'il y a aucune chance, c'est comme ça. Je ne veux pas que qui que ce soit y aille, c'est tout, je demande pas grand-chose je pense.
Je baisse les yeux en repensant à ça, je soupire tristement et je dévisse le bouchon de la bouteille de Jack pour en boire quelques bonnes gorgées au goulot. Il faut vraiment que j'arrête de penser à ces choses… Au moins tant que Liam est là, il a pas besoin de me voir totalement dépressif.
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MessageSujet: Re: All I want ◊ Liar Mar 8 Sep 2015 - 3:10
Got nowhere to go
Liam
feat.
Oskar
All I want is nothing more to hear you knocking at my door Δ Kodaline

Je m’inquiète pour mon taf, parce que l’air de rien, j’y tiens. Je sais qu’Oskar ne fait ça que pour l’argent et qu’il y va à reculons, mais ce n’est pas tout à fait mon cas. J’ai réussi à me trouver une place là-bas et ça n’arrive pas tous les jours. Alors je sais très bien que je ne peux pas me permettre de louper un soir sans prévenir, mais je ne peux pas non plus me permettre d’y aller avec une tronche pareille. Non, je n’oserais même pas me pointer là-bas comme ça. J’fais peur aux enfants. Je lui soupire un petit « Merci » du bout des lèvres. Je ne me vois pas vraiment lui sauter au cou, juste pour ça. Non, j’crois que les marques d’affections, on en a eu assez pour aujourd’hui. Déjà que je l’ai embrassé, je ne vais pas commencé à lui faire des câlins. Ça serait vraiment trop bizarre. 

Je reste sagement assis sur le rebord de la baignoire quand il décide de désinfecter les traces que j’ai sur la face. J’reste rarement en place comme ça, mais là, j’essaie de pas trop bouger. Un peu comme un gamin qui rencontre les parents de son meilleur ami la première fois et qui ne veut pas avoir l’air d’un mal élevé dès la première rencontre. Je me retiens de rire en imaginant Oskar père de famille. J’sais pas pourquoi, mais je trouve pas ça crédible. Pas qu’il serait mauvais dans le rôle. Vu comment il était avec Oksana, il risque même d’être un de ces pères ultraprotecteur avec sa progéniture. Juste que là, sur le moment j’trouve ça drôle, totalement décalé.  Parfois j’ai vraiment des idées étranges qui me traversent l’esprit. J’sais pas de où ça me vient. P’tête que, petit, j’me suis pris un coup sur la tête et que ça m’a laissé des séquelles. J’en sais rien. C’est la voix du Makarov qui me fait revenir à la surface. Il me parle de Quasimodo et moi j’pense direct à Esmeralda. Me demandez pas pourquoi, ça aussi j’sais pas.J’lâche un petit rire quand il me dit qu’il pensait que j’étais homo.

« J’le suis, aux dernières nouvelles, mais faut pas mourir idiot. »

C’est n’importe quoi, pour rien au monde je me taperais une meuf. Mon frère a essayé un jour, de me convertir en me filant un magazine avec des meufs à moitié à poil. J’pense qu’un livre de cuisine m’aurait fait plus d’effet. Pas que j’aime particulièrement les dindes, mais on voit où je veux en venir. Non, les femmes ce n’est vraiment pas mon truc. Je hausse les épaules quand il me dit qu’Esmeralda, elle ne finit pas avec le moche.



« J’m’en fou, contrairement à Quasimodo, j’vais pas rester moche toute ma vie, j’suis deux en un moi, le gentil et le beau gosse. Un exemplaire rare. »



Je ris à ma connerie, parce que bien sûr, j’me prend pas au sérieux. J’sais que j’ai une belle gueule - et pas que la gueule - parce qu’on me l’a répété plusieurs fois, alors forcément à partir d’un moment on fini par y croire, mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, je n’en joue pas tant que ça. La plupart du temps, j’suis même un gars modeste, dans ma tête.

Puis j’quitte la salle de bain, la tronche un peu plus propre que quelques minutes plus tôt. Ça ne peut pas faire de mal. Seulement, maintenant j’ai besoin de m’anesthésier, parce que ma tronche en vrac commence à tirer et aussi parce que j’ai envie d’oublier un peu mon geste inconsidéré. Oskar va me prendre pour une nymphomane opportuniste. Et c’pas vraiment ce que je veux. J’vais dans la cuisine, un peu comme si j’étais chez moi. J’sais pas pourquoi, j’me sens bien ici, malgré le fait que ce soit le bordel. Dans la cuisine, j’regarde autour de moi. Ouais, c’est vraiment le bordel. Ça mériterait quand même un peu de ménage. Bon, ça j’le garde pour moi. Of course. J’vais pas allé le braquer le russe, surtout qu’il a l’air de pas trop mauvaise humeur là. Chose assez rare pour en profiter quand ça se présente. Il me fait signe et j’le rejoins sans avoir rien prit en fait. Il me montre un buffet et en sors de quoi boire. Ah voilà ce qu’il me fallait. Derrière lui, j’vais m’installer dans le canapé. Il me dit que s’il le faut, j’peux me servir, que j’ai pas besoin de lui demander. C’est sympa de sa part. Je lui souris. Enfin, je ne suis pas trop sûr de ce que ça donne avec une partie de la face gonflé. J’dois certainement avoir l’air d’un taré tout droit sorti d’un asile, mais l’attention y est et c’est certainement ça le plus important, non ?



Il mentionne le fait que je ne peux pas aller dans la chambre de sa petite soeur et de ses parents, en vrai, ça ne m’aurait jamais traversé l’esprit. J’suis pas du genre fouineur de toute façon et puis je me doute que ça doit être douloureux pour lui, alors je me vois mal allé foutre mon nez là-dedans. J’le mêle déjà assez à ma merde comme ça. 



« Message reçu 5/5 sir. »



Je lui adresse un petit sourire - encore peu sûr de l’effet - pour essayer de le détendre, parce que je vois bien que depuis qu’il a mentionné le nom de sa petite soeur, il est pas bien. J’sais pas ce que je ferais si du jour au lendemain, mes frangins et ma frangine se cassaient sans moi. J’deviendrais certainement barge. Parce que bon, mes parents ne me manquent pas tant que ça, mais je ne pourrais pas me passer de mes frères et soeur. C’est eux qui me font rester ici. J’aurais plus aucune raison de m’enterrer à Beacon Hills sinon. D’ailleurs, j’me retiens de me lever, pour allé voir si mon paternelle est toujours chez moi. J’ai pas vraiment eu le temps de lui demande si c’était l’un de ses passages éclairs ou s’il comptait rester. Non, parce que si c’est ça, j’risque aussi de croiser ma mère et ça risque d’être douloureux. Pas de la même façon qu’avec mon père, mais c’est toujours pénible. Pourquoi ils ne restent juste pas loin de nous ? Ils ont décidés d’aller vivre leurs vies ailleurs, alors qu’ils se cassent et ne reviennent plus. Non, ils ont mauvaise conscience, alors une fois par an, il revient quelques jours, histoire de s’assurer qu’on est pas mort de faim ou j’sais pas trop quoi. Bande d’enfoirés. Je sers la mâchoire quand je vois le bras d’Oskar se saisir de la bouteille de whisky. Bonne idée l’ruskoff. Je me penche et chope la vodka. J’m’en fou de ce que c’est en fait. Je l’ouvre d’une main et la porte à mes lèvres. Les premières gorgés m’arrachent la gorge, un peu comme si j’avais bu de l’acide directement au goulot, mais ça passe. Comme anesthésié. C’est déjà mieux. J’passe une main dans ma chevelure de feu. Bordel, quelle journée de merde. C’est l’genre de jour où tu ferais mieux de rester dans ton pieu jusqu’au lendemain. Je me laisse tomber contre le dossier du canapé, les yeux fermés. J’reste silencieux comme ça un petit moment. La bouteille, toujours ouverte, reposant sur ma cuisse. 



« Pourquoi tu m’as laissé entrer tout à l’heure ? Fin pourquoi t’as changé d’avis ? »



J’sais pas pourquoi j’lui pose cette question. C’est totalement con, mais c’est la première chose qui a passé la barrière de mes lèvres et puis maintenant que c’est dit, j’vais avoir du mal à lui faire oublier. A moins d’lui foutre un putain de coup sur la tête en priant pour qu’il soit amnésique, y a pas de chance.
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MessageSujet: Re: All I want ◊ Liar Mer 9 Sep 2015 - 2:49
J'aime bien les cernes, ça fait mystérieux. Qu'a-t-il fait cette nuit ? Ses devoirs, l'amour, des crêpes ? Vous ne le saurez jamais.Bon, le mec il se prend à peine pas pour de la merde, c'est compris. Enfin… J'espère qu'il déconne un peu quand même. Parce que ouais, il est cool et agréable à regarder mais s'en vanter ouvertement… Ça le rend peut-être un peu moins cool sur le coup. Je supporte mal les gens qui font pas preuve d'un peu de modestie dans leur vie. M'enfin, si c'est juste un trait d'humour, ça change pas spécialement de d'habitude et c'est plutôt bon signe, hein ? Ça prouve qu'il est pas à l'article de la mort, c'est déjà ça. Et en plus, le fait qu'il utilise toujours cet humour à la con qu'il a depuis à peu près toujours – ou du moins depuis que je le connais – eh bah ça montre aussi qu'il a pas pris un trop gros coup sur la tête. Ça a un petit côté rassurant.
En tout cas, cette fois-ci j'ai pas fait de commentaire. J'avais pas grand-chose à en dire en fait, du coup je me suis concentré sur moi-même avant d'aller chercher les bouteilles puisqu'il m'avait demandé à boire, et quelque chose d'assez fort. Après, j'ai posé mon cul dans le canapé avec ma copine la bouteille de Jack et j'ai laissé Liam s'installer à côté de moi et s'attaquer à la Vodka. Ah la Vodka, la boisson nationale de mon pays – où j'ai jamais mis les pieds, j'le rappelle – et la boisson de mon enfance aussi. J'avoue, j'en bois depuis très jeune. Et j'ai aussi vu mon père se bourrer la gueule avec ça, en avalant des litres sans les compter pour combler l'absence des femmes de la maison. Ça me rappelle pas que des bons souvenirs, mais je fais avec. Si un rien me rend nostalgique je vais jamais survivre, autant le dire de suite.



En tout cas, le roux a l'air d'avoir compris ce que je lui ai dit : on met pas les pieds dans les chambres de ma sœur et de mes vieux. J'l'ai déjà dit tout à l'heure, j'en serais malade si quelque chose bougeait là-dedans, je le vivrais juste super mal. Donc c'était important pour moi de lui préciser l'interdiction après lui avoir dit qu'il pouvait fouiller où il voulait.
Partout, sauf là-bas.

Il fait une tronche bizarre.
Est-ce qu'il tente de sourire ?

Si je voulais sourire, ça ressemblerait à une pauvre grimace pour ma part aussi. Mais pour d'autres raisons. J'ai pas la gueule gonflée ni fracassée. J'ai juste une sale gueule, et le moral à six kilomètres sous la terre. Comme d'habitude.
On est restés silencieux l'un comme l'autre, longuement. J'imagine qu'il y avait rien à dire après ça. Et j'avais pas le courage de chercher à faire la conversation cette fois-ci. Je me prenais pas à la tête pour ça. J'ouvrirais ma gueule quand j'aurais un truc à dire, et j'imagine qu'il en fera de même. J'ai continué à boire, parce qu'il y a plus que ça que je sais bien faire dans la vie. Faut dire que j'ai pas grand-chose d'autre, si ce n'est une baraque pourrie, une montagne de dettes et un taf que je déteste. Gamin, je sais plus tellement comment je voyais mon avenir, mais autant dire que je devais vraiment pas l'imaginer ainsi.

Je ne sais pas combien de temps est passé avant que le fils Broderick ouvre la bouche et me pose sa question à la con. J'ai tourné la tête vers lui, le regardant silencieusement quelques secondes, le visage totalement stoïque, inexpressif au possible.

Puis j'ai dit : « J'allais pas te laisser comme ça. »

La réponse est aussi simple que ça en vrai. J'allais quand même pas le laisser comme ça. Il était pas beau à voir, il avait des larmes sur les joues et me demandait de l'héberger. Comment j'aurais pu le laisser à la rue dans ces conditions ? C'est inimaginable. J'aurais pu arrêter mon explication là où j'en étais, mais bon…

J'ai ajouté : « J'sais bien que tu dois me prendre pour un gros crevard doublé d'un connard de première catégorie. »
Et puis : « Mais j'le suis pas à ce point, c'est tout. »
J'ai soupiré, de façon presque inaudible : « Pas avec toi... »

J'ai trop parlé. C'est stupide. C'est même incroyablement con de ma part d'avoir dit ça. J'me suis passé une main sur le visage. Bordel, s'il a entendu, qu'est-ce qu'il va aller s'imaginer, hein ? Rien de tel pour faire gonfler ses chevilles, tiens. J'ai détourné le regard avant de lever ma bouteille pour recommencer à boire, comme si ça allait fonctionner miraculeusement et faire oublier ça. J'aurais du fermer ma gueule et m'arrêter à ma première explication au lieu de jouer au sentimental. Tss. L'alcool me fait trop parler je crois, j'étais pas au courant parce que j'suis seul d'habitude. Par contre, ça m'empêche toujours pas d'en avaler encore quelques gorgées qui m'anesthésient le palais et la gorge. Je me sens mal à l'aise maintenant.
Pourtant j'ai été sincère. Sûrement plus qu'il ne voudra le croire.
Il est vraiment la seule personne qui me reste. Le petit privilégié avec qui je peux pas me montrer aussi salaud que je peux le faire avec à peu près n'importe qui. A peu près n'importe qui ne serait pas rentré chez moi, sous aucun prétexte. Mais lui, j'ai pas eu à beaucoup réfléchir pour accepter qu'il passe la porte d'entrée de cette maison. Quand j'ai vu que ça n'allait vraiment pas, j'ai craqué de suite et je l'ai invité à entrer. Et je l'ai même invité à rester comme je l'aurais fait pour personne d'autre. C'est comme si quelque chose de spécial me liait à lui et c'est vraiment trop chelou.
C'est tellement chelou que je comprends rien du tout. J'suis totalement dépassé.
J'suis totalement dépassé depuis la première fois où je l'ai revu.

J'ai posé la bouteille de bourbon à mes pieds avant de simplement m'avachir, appuyant mon dos contre le dossier du canapé, puis j'ai enfin daigné poser mon regard sur le visage déformé du rouquin.

J'ai soufflé : « Tu devais vraiment être désespéré pour en arriver à venir me voir à moi. »

Personne vient me voir.
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